Développement de bébé : Bientôt, le quatre-pattes

Bébé, 8 mois, est assis et tape son hochet sur le sol. Soudain, il avise un canard à roulettes, allonge les bras, bascule et se retrouve à plat ventre, tend à nouveau les bras… mais le jouet convoité reste, hélas, inaccessible.

Comme il pleure, sa maman pousse un peu sur ses pieds pour l’aider à avancer. Évidemment, ce serait mieux si il avançait tout seul.

Un avant-goût d'autonomie

Un peu de distance

On sent quand le moment approche : le bébé, qui se tient parfaitement assis, s’intéresse comme par hasard à des objets plus éloignés de lui, tend l’oreille vers les bruits qui viennent de la pièce d’à côté, est furieux quand sa maman quitte son champ de vision. Tout l’incite à dépasser le stade « passif » et fusionnel dans lequel il se trouvait en tant que nourrisson et à prendre ses distances : les capacités motrices (tonus musculaire, équilibre, coordination), des sens plus fins comme la vision, notamment, une prise de conscience progressive qu’il est une personne distincte de sa maman. Le déplacement à quatre pattes coïncide très exactement avec l’angoisse de séparation, autour de 8 ou 9 mois, preuve que tous les aspects du développement sont reliés les uns aux autres.

Un entraînement pour la marche

Le stade de quatre-pattes fait partie d’un processus qui conduit d’abord le bébé à se retourner de la position sur le dos à celle sur le ventre, puis à tenir assis, ramper, se redresser et enfin marcher. Chaque étape prépare la suivante et s’enchaîne suivant un ordre rigoureux, seul le rythme varie selon les bébés et leur environnement. Le grand changement, grâce au quatre-pattes, est que le bébé peut s’approcher des meubles, s’y appuyer pour se redresser et se livrer à des jeux d’escalade. Il apprend aussi à jouer avec des notions d’équilibre et de déséquilibre qui seront bien utiles, plus tard, pour marcher. Sur le plan physique, mais aussi neurologique, ces premiers déplacements permettent au bébé de mieux s’approprier l’espace, de mieux s’orienter.

Chacun sa méthode

L’essentiel, c’est d’avancer

Respectez avant tout les manières de faire de votre bébé. Pour se lancer, il se place en position dite « du poque » (allongé à plat ventre, il redresse haut son buste sur ses bras tendus) ou « de l’ours » (toujours bras tendus, il soulève le bassin du sol en gardant les jambes bien droites…). Pour avancer, il a le dos à l’horizontale, la tête face au sol ou regardant devant lui, et les jambes progressent de façon synchrone mais asymétrique par rapport aux bras : c’est la technique la plus classique du quatre-pattes. Mais elle connaît bon nombre de variantes. Il y a ceux qui se déplacent assis, « agrippant » le sol avec leurs talons. D’autres avancent en rebondissant littéralement sur les fesses, aidés en cela par le coussin confortable de la couche. Il existe aussi les adeptes de la technique du crabe, une fesse et une main posées sur le sol, une jambe en avant et l’autre placée en arrière…

Encouragez-le sans brûler les étapes

Ce qui compte avant tout, c’est que le chemin parcouru pour aller de la position allongée à la marche ait été le plus riche possible. Vous pouvez encourager votre enfant, jouer avec lui, le stimuler, mais sans l’aider. C’est ainsi qu’il prendra confiance en lui et franchira au mieux chaque étape. Il n’ira pas plus vite si vous le poussez. Au contraire, il a besoin de prendre lui-même conscience de sa force et de ses limites, d’explorer toutes les possibilités de son corps. C’est ainsi qu’il évitera plus tard de se mettre systématiquement en danger.

A utiliser avec parcimonie, dès qu’il se tient bien assis

Le transat et le Maxi Cosi : le bébé maintenu en position semi-assise n’est pas encouragé à explorer ce qui se passe sur les côté, ce qui peut retarder le moment des roulades.

Le trotteur : offrant l’illusion d’un déplacement autonome, il peut empêcher le passage au quatre-pattes. Les trotteurs sont d’ailleurs fortement interdits à la vente dans certains pays comme le Canada, car ils sont sources de nombreux accidents domestiques.

Le parc : très pratique pour accrocher les tableaux d’éveil et crée un espace de sécurité dans une pièce, mais à condition de ne pas y laisser l’enfant trop longtemps. Il serait tenté de se mettre sans cesse debout et de ne pas explorer toutes les possibilités que lui offre la position à quatre pattes.

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