Allaiter bébé : Faut-il allaiter?

C’est un évènement, l’allaitement maternel a gagné une bataille dans la mesure ou plus de 50% des mères nourrissent leur bébés au moins pendant les premières semaines.

Nous en sommes heureux car on a constaté combien les bébés nourris au sein sont beaux et épanouis, leurs mères heureuses, et que parmi celles qui donnent le biberon dès le premier jour, beaucoup regrettent qu’on ne leur ait pas plus donné d’information sur le choix de l’allaitement à la maternité.

Il n’est pas pour autant question de profiter de cette tendance pour conseiller à tout prix aux mamans de nourrir leur enfant : nous ne voulons pas risquer de traumatiser les mères qui ne veulent ni ne peuvent allaiter. Ce serait dommage qu’un enfant en arrivant au monde donne des complexes à sa mère. Aussi, nous nous contenterons d’exposer simplement les arguments de ceux qui sont pour l’allaitement maternel et les arguments de ceux qui lui préfèrent l’allaitement artificiel. Chaque mère fera son choix.

Arguments pour l’allaitement maternel

Le lait de la mère appartient à l’enfant. Il est le seul aliment naturel, complet et parfaitement adapté à ses besoins. Il est facile à digérer, et les intolérances au lait de femme sont exceptionnelles. En plus, il est toujours à bonne température.

Il protège l’enfant contre certaines infections en lui transmettant les anticorps maternels. Il assure ainsi une protection naturelle au cours des premières semaines de la vie. Il est par ailleurs aseptique, n’apporte pas de microbes à l’enfant.

L’allaitement maternel est facile est économique.

Il favorise la naissance des liens affectifs profonds et inappréciables entre l’enfant et sa mère.

Il est enfin profitable à la mère et favorise le retour à la normale de l’appareil génital. Il y a une connexion étroite entre les glandes mammaires et l’utérus. Lorsque l’enfant tète, il déclenche un réflexe qui provoque des contractions utérines. Celles-ci aident l’utérus à revenir à ses dimensions normales.

Arguments pour l'allaitement artificiel

La supériorité du lait de femme n’est plus aussi évidente depuis les progrès réalisés dans la fabrication des laits industriels. leur composition peut varier en fonction des besoins et de la nature de chaque enfant.

Le manque d’hygiène dans la préparation des biberons peut évidemment être une source d’infection pour l’enfant. Mais les complications infectieuses du sein (lymphangite, abcès) qui se voient parfois chez les femmes qui allaitent, peuvent également infecter l’enfant.

L’allaitement maternel n’est pas toujours facile quand la sécrétion lactée est insuffisante. Et l’expérience montre que dans notre civilisation moderne, les femmes ne sont pas toujours de bonnes nourrices.

L’allaitement maternel n’est pas toujours compatible avec une reprise rapide de la vie normale ou d’une activité professionnelle. Il constitue une source supplémentaire de fatigue après l’accouchement. Enfin, l’apparition plus tardive du retour de couches peut gêner la mise en œuvre rapide d’un moyen de contraception.

Enfin, les liens psychologiques entre la mère et l’enfant dépendent vraisemblablement plus de la présence maternelle que de l’allaitement proprement dit.

Et l'allaitement mixte?

C’est le nom qu’on donne à l’alimentation moitié tétées, moitié biberons. on a recours à l’allaitement mixte pour remplacer pendant un temps, ou compléter, une sécrétion lactée insuffisante ou de mauvaise qualité.

Selon le cas, la mère peut être amenée :

- soit à compléter chaque tétée : cette technique a l’avantage d’entretenir la sécrétion lactée, mais elle nécessite une pesée de l’enfant avant et après chaque tétée pour calculer la dose de complément nécessaire. la durée de chaque repas est ainsi nettement allongée;

- soit à remplacer une ou plusieurs tétées par un biberon.

L’allaitement mixte pourra être temporaire quand la sécrétion lactée subit une baisse passagère ou quand la mère doit interrompre provisoirement l’allaitement (complications infectieuses du sein par exemple). Il sera définitif quand la prise de poids de l’enfant est insuffisante, quand il a faim après les repas, quand son état de nutrition n’est pas satisfaisant.

L’allaitement abîme-t-il la poitrine?

Beaucoup de jeunes mères posent la question. Nous allons les décevoir : honnêtement, nous nous ne pouvons répondre ni oui, ni non.

Pour certains médecins, ce n’est pas l’allaitement, mais la grossesse qui peut abîmer la poitrine, puisqu’elle provoque une augmentation suivie d’une diminution des glandes mammaires. En empêchant une diminution trop brusque de ces glandes, l’allaitement serait même plutôt bénéfique. Pour la même raison, arrêter la montée de lait sans précautions suffisantes peut abîmer la poitrine. Ce qui peut également l’abîmer, c’est de trop manger, d’avoir un régiment engraissant (pâtisseries, etc.), ce qui est le cas de beaucoup de femmes qui croient que, plus elles mangeront « riche », plus leur lait sera bon. C’est alors le poids de la graisse qui fait tomber les seins. Mais si l’on porte un bon soutien-gorge et si l’on a une alimentation équilibrée, on a les meilleures chances de retrouver sa poitrine d’avant la grossesse.

Cela dit, il y a des tissus plus fermes que d’autres. Certaines femmes ont allaité plusieurs enfants et gardent une poitrine parfaite. D’autres ont des seins tombants et vergeturés sans avoir jamais allaité. Et puis il y a la gymnastique faite avant l’accouchement, et le sport (la natation en particulier) qui contribuent à la fermeté de muscles soutenant les seins.

En conclusion, il est vraiment impossible d’établir un lien de cause à effet entre allaitement et poitrine abîmée.

Comment la femme qui travaille peut-elle allaiter?

Les dix semaines de repos obligatoire – insuffisantes d’ailleurs – ne posent pas de problèmes. Après, il faut progressivement sevrer le bébé.

Mais il faudrait que les femmes réclament : un allongement du congé de maternité, et un salaire pour la femme qui allaite son enfant. Une petite allocation d’allaitement pour la femme qui nourrit son enfant était versée jusque dans les années 1980. Pour le moment, seule est prévue une heure quotidienne, répartie en deux demies heures, le matin et l’après-midi pour que les femmes qui allaitent puissent tirer leur lait sur leur lieu de travail jusqu’au premier anniversaire de l’enfant.

Comment choisir ?

Il arrive que le choix soit imposé par des motifs d’ordre médical car il existe des contre-indications à l’allaitement maternel. Certaines raisons tiennent à la mère : maladies générales, aiguës ou chroniques ; causes locales, tels les seins ombiliqués : le mamelon ne fait pas saillie et ne peut être saisi par l’enfant.

D’autres contre-indications à l’allaitement tiennent à l’enfant : malformation des lèvres ou du palais (bec-de-lièvre). En revanche, pour le prématuré, le lait maternel est très conseillé.

Dans tous les autres cas, le choix reste possible entre allaitement maternel et allaitement artificiel.

Vous ne désirez pas allaiter ? Ne vous forcez pas à tout prix. Il ne faut pas que ce soit une corvée. Pour l’enfant, il vaut mieux lui donner un biberon avec affection, que le sein avec répugnance : téter est un plaisir pour lui, et ce plaisir il ne faut pas le lui gâter en le nourrissant à contrecœur. Mais, si vous n’allaitez pas, donnez vous-même le biberon, au moins pendant les premières semaines. Plus encore que l’allaitement, ce qui compte pour le bébé, c’est d’avoir établi avec sa mère un lien étroit dès le départ.

Vous désirez allaiter ? Tant mieux, faites-le, mais attention : il faudra peut-être tenir bon contre le personnel de la maternité ou de la clinique, contre l’avis de vos amies qui n’ont pas allaité, mais aussi contre vous-même car les débuts exigent patience, persévérance et volonté.

Pour terminer, nous vous signalons que si, même après cette lecture, vous avez du mal à prendre une décision, vous pouvez commencer à allaiter, quitte à vous arrêter rapidement, ce qui est toujours possible. En revanche, si l’on a commencé à donner le biberon, on ne peut pas se mettre à allaiter 15 jours plus tard.

Nous n’allons pas traiter plus longtemps le sujet ici. Nous en parlons en détail dans la rubrique « allaitement » : manière de donner le sein, débuts difficiles, régime de la maman (alimentation et vie quotidienne), soins des seins pour éviter les crevasses, sevrage.

Bien entendu, la mère qui n’allaite pas, trouvera tout ce qui concerne la préparation des biberons, quel lait choisir, horaire et quantité, etc.

Un petit détail important :

au début, allaiter allongée est souvent plus facile et plus confortable.

Afin de poursuivre votre lecture voici les livres parlant de l'allaitement recommandés par le Guide Du Moutard :

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4 Commentaires

  1. cosmétogirl14 JDécembre 2011 à 14:04 · Répondre

    Les mamans qui donnent le biberon ne » nourrissent » pas leurs enfants???

  2. Working Mama14 Décembre 2011 à 18:23 · Répondre

    J’allais soulever la même question. Pour ma part je suis future maman et j’ai choisi le sein par conviction personnelle profonde et parce que mon modèle maternel est ainsi, pour autant il n’y a pas plus culpabilisant je pense pour une mère donnant le biberon d’entendre dire « tu ne le nourris pas? ». Mais qu’est-ce que c’est que cette question? C’est terrible de dire ça…il faut se mettre à la place de la mère qui lit cela, il n’y a pas pire comme culpabilisation. Il faudrait vraiment reprendre cette formulation dans l’article je pense, car elle est d’un autre âge.
    Egalement, je suis assez surprise de la phrase « après il faut progressivement sevrer le bébé » concernant la reprise du travail, comme s’il n’y avait pas d’autre possibilité. C’est faux. Nombre de mères entretiennent leur allaitement en tirant leur lait pendant plusieurs mois, parfois jusqu’à 2 ans pour celles ayant choisi l’allaitement long. Il s’agit cependant de le vouloir d’une part, et de faire valoir ses droits sur son lieu de travail d’autre part: la mère a droit à une heure par jour pour tirer son lait, c’est la loi. Une fois passé l’allaitement exclusif de 6 mois, un enfant peut tout à fait ne jamais voir al couleur d’un lait artificiel si sa mère tire son lait et lui donne.
    Enfin, concernant l’allaitement mixte, il faut tout de même préciser il signe en général l’arrêt de mort de l’allaitement au sein, la lactation n’étant entretenue qu’à force de stimulation. Le lait artificiel étant plus long à digérer, l’enfant demande moins, la lactation de la mère diminue en conséquence et on entre dans un cercle vicieux qui finit le plus souvent au biberon exclusif au bout de quelques semaines. Donc complémenter oui, mais les mères qui veulent poursuivre un allaitement au delà de quelques semaines doivent savoir qu’il en sera compromis très rapidement. D’autres solutions existent pour ne pas avoir à recourir aux biberons (quand on veut continuer à allaiter, il s’entend. Sinon, effectivement, si le sevrage est de toute façon envisagé tôt, le complément n’y sera pas un obstacle, au contraire).

  3. Mère Lacunaire15 Décembre 2012 à 10:45 · Répondre

    Article intéressant mais présentant certaines lacunes (y a pas de honte, moins même je suis une lacune ambulante !).
    Il est par exemple étonnant de lire que les raisons de choisir le biberon sont uniquement des oppositions aux raison d’allaiter. J’ajouterais donc peut-être « parce ce qu’on peut ne pas avoir envie d’allaiter, qu’il ne nous semble pas agréable d’avoir un bébé « collé » à notre sein » ou d’autres choses (en tant qu’ex allaitante je ne peux qu’imaginer ces autres raisons )
    L’autre chose qui me gêne ici, ce sont les IL FAUT disséminés dans le texte. Pour nourrir nos enfants (bib ou sein), chacun fait comme il LE SENT à mon sens. Tout comme pour les éduquer, les baigner, les habiller …
    Mais je le redis, article intéressant, et surtout je ne veux pas froisser l’auteur vu que je refuse la polémique bib versus sein, tout comme l’auteur je pense.

  4. Stéphanie06 Mars 2012 à 19:59 · Répondre

    j’aurais bien voulu allaiter mes trois enfants mais j’ai eu à chaque fois le même problème: « je n’ai quasiment pas de lait » (eh oui ça arrive et ça m’est arrivé !), j’ai donc dû opter pour l’allaitement au biberon…

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