Comportement de bébé : Maman, rien que maman!

Emma, 1 an, voue un amour exclusif à sa maman!
A peine cette dernière rentre-t-elle du travail, que la petite fille l’accapare aussitôt.

Pas le temps de souffler, pas le moindre répit. Pour le câlin, pour le bain, le dîner, c’est maman.
Le week-end, c’est la même chose. A la fin, c’est pesant.

Et si son papa veut prendre le relais, Emma pleure à chaudes larmes en tendant ses bras vers…MAMAN!

Une relation très fusionnelle

Votre enfant y trouve refuge

Une telle demande d’exclusivité peut avoir des origines différentes, impliquant à la fois le parent qui crée le comportement et l’enfant qui y répond. Chez l’enfant, il existe spontanément un réflexe « maman-refuge ». Elle l’a porté pendant 9 mois. Elle lui a chuchoté des mots tendres et caressants. Elle s’est levée pour épier son sommeil, le couvrir, le réconforter, le nourrir…Tout cela a fini par créer une complicité indicible. Même si, avec le temps, chacun a pris naturellement la place qui lui revenait, si l’équilibre entre papa, maman et bébé s’est instauré – d’autant plus vite que le père a su prendre la relève en assurant les changes, les biberons, les sorties – cette relation exclusive des premiers temps a parfois laissé des traces. Un bobo, un gros chagrin, une période de fatigue, de changement…et c’est vers sa mère que l’enfant se tourne à nouveau. Papa, mamie ou la nounou devront patienter.

Qui est le plus « accro » à l’autre?

L’attitude maternelle est elle-même souvent paradoxale et favorise ce comportement de l’enfant. Alors que le papa ou la grande sœur sont en train de donner le bain ou le goûter, vous déboulez affolée parce que l’eau est trop froide, ou parce qu’il y a trop de chocolat sur la tartine. Toutes les raisons sont bonnes pour intervenir. Pas étonnant que l’enfant vous réclame sans cesse par la suite. La plupart des mamans sont ainsi, intimement persuadées qu’elles sont les seules à savoir s’occuper aussi bin de leur cher petit, les seules à deviner ses moindres désirs, à lui préparer la petite purée qu’il aime, à lui raconter les histoires qui l’apaisent, à savoir le câliner quand il a du chagrin. l’enfant le sent et a lui aussi du mal à se séparer par crainte de décevoir votre amour.

Pour retrouver l’équilibre

Ne vous laissez pas tyranniser

Votre enfant commence de cette façon à tester vos limites, à chercher jusqu’où vous irez dans la satisfaction de ses désirs. Plus vous le laissez mener le jeu, plus il se sent tout-puissant, sans pour autant se sentir en sécurité. Rassurez-le. Dites-lui que vous l’aimez, mais que vous n’êtes pas à ses ordres. Apprenez-lui à attendre, à rester un peu seul, pour jouer ou feuilleter des livres avant de se coucher. Déléguer à d’autres : papa, baby-sitter, grands-parents… en lui montrant que vous leur faites confiance, en l’assurant qu’il sera bien même si les choses se font autrement.

Ne dénigrez pas son papa

Dans votre couple, il faut faire front. Évitez les litanies qui tombent rarement dans l’oreille d’un sourd, du genre « Tu n’es jamais là pour les promenades ou les occasions importantes »…Le père finit par battre en retraite devant une mère si parfaite et si présente…Quant à l’enfant, puisqu’il n’a pas le choix, il va reporter toute sa demande du côté maternel. Et même si son papa est effectivement souvent absent, les remèdes existent : parler de lui, entendre sa voix au téléphone, recevoir de lui des petits mots doux, savoir qu’il est au courant de tout (des bêtises comme des progrès accomplis). C’est d’autant plus important qu’à 1 an, votre tout-petit commence à entrer dans l’œdipe. En gros, il fait exprès de séparer le couple, de rendre jaloux l’un ou l’autre en ne réclamant « que maman » ou « que papa ».

Trois bonnes raisons de résister

1 Votre enfant y gagnera en assurance : plus vous déléguez, plus il sera convaincu de ses capacités à être heureux loin de vous.

2 Le papa se sentira plus concerné : son rôle est aussi essentiel que celui de la mère et pas du tout interchangeable (acceptez que chacun fasse avec l’enfant des tâches ou activités différentes).

3 Vous soufflerez : une relation moins étouffante vous donnera l’occasion de vous détendre et tout le monde en profitera.

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