Éducation de l'enfant : Lire des histoires

Lecture pour enfant

Lire des histoires à son enfant, le soir au coucher, est l’un des meilleurs moyens de l’amener au sommeil, de partager un grand moment de plaisir avec lui, de l’ouvrir aux joies de la lecture et de développer son vocabulaire.

Ce n’est pas à huit ou à quinze ans qu’il est facile d’amener un enfant à la lecture : c’est dès ses premières expériences, dès son plus jeune âge, que l’adulte doit intervenir comme médiateur entre le livre et l’enfant et le lui faire aimer.

L’expérience émotionnelle que l’enfant va vivre là, non seulement créera une relation spéciale avec l’adulte lecteur, mais laissera une trace profonde dans son esprit. Tous les enfants, sans exception, aiment qu’on leur lise des histoires, qu’on les leur relise, que l’on dialogue avec eux sur ce que l’on a lu. Ne laissez pas cette joie à l’institutrice. Père et mère sont bien plus à même de faire bénéficier leur enfant du plaisir d’une histoire, dans le cadre d’une relation à deux, avec un livre choisi avec lui seul.

Les premiers livres de l’enfant sont pour lui une manière de passer du langage oral au langage écrit. Le vocabulaire est plus riche, les tournures plus complexes et les conjugaisons inhabituelles (le passé simple apparaît). Mais l’adulte lecteur est libre de lire comme il veut et de réinventer certaines phrases s’il les trouve difficiles à comprendre dans leur formulation. Attention, toutefois : l’enfant aime bien qu’on lui raconte les mêmes histoires plusieurs fois et il va vite repérer les différences apportées au texte d’une fois à l’autre ! Une autre tâche de l’adulte, outre de rendre le texte compréhensible, est de «mettre le ton» comme on dit aux enfants qui récitent des poésies. Un bon lecteur est capable de faire vibrer son auditeur, de le faire trembler ou de lui amener des larmes, de le faire rire ou de le surprendre, selon la manière dont il lit le texte.

Comment choisir les histoires?

Les journaux pour les jeunes enfants sont de plus en plus nombreux. Certains sont extrêmement bien faits, d’autres moins. Les prix varient également beaucoup et sont le plus souvent élevés, mais ces journaux peuvent souvent être achetés d’occasion ou empruntés en bibliothèque. La plupart contiennent des histoires tout à fait bien écrites (chez Bayard Presse et Fleurus Presse notamment). Les enfants les adorent car ils les touchent de près et leur parlent, d’une façon imagée, de leur vie de tous les jours.

Les livres pour enfants sont d’une variété immense. Le choix est difficile. Le mieux est de se fixer des critères de choix : sollicitation de l’imaginaire et du rêve, ou maîtrise de ses peurs et meilleure connaissance de la vie, poésie du texte ou magie du dessin, etc. Avant d’acheter un livre pour son enfant, on peut se poser les questions suivantes :

— Le sujet est-il en accord avec l’âge de l’enfant?
— Le texte est-il rythmé, clair, riche ?
— Les dessins sont-ils clairs, attirants, vifs, pleins de petits détails à repérer?
— L’objet-livre est-il bien fait, résistant, solide?
— Êtes-vous d’accord avec ce qui est dit ou montré, avec la morale qui est véhiculée dans le livre ?
— Supporterez-vous de lire ce livre cent fois ?

Les contes de fées ont une place à part dans les livres pour enfants. D’une part ils ne font pas partie spécifiquement de la littérature pour enfants. Ensuite ils sont innombrables, anciens et issus de nombreux pays. Malgré cela, on retrouve souvent les mêmes thèmes, les mêmes personnages, les mêmes symboles d’un conte à l’autre. C’est dire si les contes de fées correspondent à des vérités ou à des peurs, ou visent à répondre à des questions, enfouies très profondément chez tout être humain, quels que soient son époque ou son pays. Chaque conte contient une part de surnaturel mais répond à une logique interne qui ne choque pas l’enfant.

Que ces contes aient été mis en forme par Andersen, Perrault, Grimm ou d’autres, ils abordent tous des conflits internes que les enfants connaissent bien et les aident ainsi à les résoudre. Les contes ne craignent pas de parler de la maladie, de la souffrance, de la vieillesse, de la mort, de la jalousie, de la haine, de la méchanceté…

Mais ils finissent toujours bien. L’enfant comprend qu’il aura lui aussi des épreuves à traverser, mais qu’il saura en venir à bout. Dans les contes, on réussit parce que l’on est petit, malin, généreux, jamais parce que l’on est fort et riche. La morale triomphe. Les contes de fées (c’est leur nom, même s’ils ne contiennent pas de fée) sont tout à fait indispensables à l’enfant : ne vous privez pas de les lire et de les relire.

Les images ou les illustrations du livre sont d’une importance tout à fait essentielle. Elles ne sont pas un simple support de l’histoire, mais sont au contraire ce qui attire l’oeil de l’enfant de façon prioritaire tant qu’il n’est pas capable de lire. Parfois, le texte ne comprend que quelques lignes et les images forment l’essentiel du livre. Il faut donc qu’elles aient une valeur informative par elles-mêmes. Bien faites, sympathiques, poétiques, les images permettent à l’enfant de «lire» à sa manière.

Un jeune de trois à six ans sera toujours sensible au fait que l’image «colle» au texte dans ses moindres détails. Si le texte parle de «cinq petits chatons », il n’est pas question que l’image n’en montre que quatre… Grâce aux images, on peut dialoguer avec l’enfant au sujet de l’histoire et lui-même peut, rapidement, entreprendre de la raconter.

La bibliothèque est un lieu où vous pouvez emmener votre enfant avec un grand profit. D’une part votre enfant pourra seul aller fouiller dans les rayonnages, feuilleter les ouvrages et choisir ceux qui lui plaisent (laissez-le en choisir un sur deux, c’est un bon accord). D’autre part les bibliothécaires très bien formés sont là pour vous conseiller ou vous suggérer quelques titres selon ce que vous cherchez. Aller à la bibliothèque, c’est être un grand : la preuve, vous prenez également des livres pour vous (ne négligez jamais la valeur de l’exemple !). Enfin emprunter un livre que l’on doit rendre pour qu’il soit prêté à d’autres permet à l’enfant d’apprendre le respect des livres et la façon de les manipuler pour qu’ils ne se déchirent pas.

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