Éducation de l'enfant : Lui parler de la mort

Enfant triste et la mort
Tu as bien le temps d’y penser!

Pour un enfant de 5 ans, le temps n’a rien à voir avec ses questions: « Pourquoi on meurt? » « Ça fait mal ? » « Est-ce que mamie va rejoindre papi? » « T’es triste mamie ? » II sent qu’il s’agit de quelque chose de grave, il sent la tristesse de sa mamie et aussi sa joie quand elle parle de son mari. Il est intrigué. Parfois inquiet. Il a besoin d’en parler.

Sa vision et ses peurs

Une préoccupation concrète

À quoi peut bien se résumer l’idée de la mort dans la tête d’un enfant de 5 ou 6 ans ? Il a peut-être vu un hérisson écrasé, un oiseau tombé du nid. Il a sûrement en tête les images du journal de 20 heures, la guerre, les famines, les catastrophes naturelles… mais tout cela est si désincarné, si loin de son univers à lui et de ses héros de bandes dessinées, « incassables », immortels, toujours prêts à rebondir. L’idée peut devenir réalité quand c’est son petit animal qui disparaît. Il fait alors subitement l’expérience du manque, de l’absence, et sa capacité spontanée à se mettre à la place de son « pauvre petit poisson » ou de son « malheureux hamster » le plonge dans une réelle tristesse. Dès 4 ans, il est apte à comprendre que la mort égale l’absence de vie : quand on est mort, on ne bouge plus, on ne respire plus…. Il sait faire la différence entre « faire semblant » quand on joue, et mourir pour de vrai. Suivant leur sensibilité ou leur maturité, certains enfants ont déjà conscience que lorsqu’on disparaît, c’est pour toujours, mais ce n’est que vers 8 ou 9 ans qu’ils réalisent que tout le monde meurt, et eux aussi un jour.

L'angoisse de vous perdre

Dès 5 ans, un enfant peut redouter sa propre mort, parfois parce qu’il a peur d’être puni pour avoir mal agi. Cette culpabilité est liée au complexe d’œdipe. Mais surtout, il redoute que cela vous arrive. La mort de la mère ou du père est un classique des histoires et des contes de fées (Babar, Bambi, Blanche-Neige…). Ce n’est pas par hasard. Cette angoisse profonde habite tous les enfants. Plutôt que d’éluder la question, qui restera enfouie en eux comme une crainte ou une souffrance, mieux vaut répondre le plus simplement possible quand ils s’expriment sur ce sujet.

Trouvez le ton juste

Posez des questions ouvertes

Une bonne manière de savoir où il en est de ses croyances consiste à lui poser une question ouverte: « D’après toi, la mort, qu’est-ce que c’est? » « Comment ça se passe lorsqu’on disparaît ? » Sa réponse vous donnera une idée de ce qu’il attend, du niveau d’explication espéré, des mots à employer pour ne pas le choquer…

Soyez spontané

Inutile d’adopter un ton dramatique. Avant 7 ou 8 ans, votre enfant a surtout besoin de réponses concrètes. Il a besoin de sentir que vous êtes prêt à en parler. Ne craignez pas de dire que personne ne sait vraiment ce qui se passe ensuite. C’est là une preuve de tolérance et une manière de lui montrer que les adultes ne savent pas toujours tout sur tout. Partagez vos convictions. Cette spontanéité et cet engagement sont la meilleure façon de lui montrer que la mort n’est pas taboue et qu’elle fait même partie de la vie.

Évitez les métaphores du style : « Mourir, c’est dormir très longtemps », il pourrait vous prendre au mot et avoir peur d’aller dormir de crainte de ne plus pouvoir se réveiller… Même chose pour « la mort, c’est un long voyage ou une longue absence », il pourrait redouter vos départs prolongés par la suite.

Rassurez-le

Qu’il soit ou non confronté à la mort de quelqu’un de cher, pensez toujours à le rassurer. Dites-lui que vous, ses parents, n’avez pas encore « fini de vivre ». Que vous serez toujours là pour le protéger. Éventuellement avec humour si vous jugez cela plus facile. Dites que vous n’avez pas l’intention de disparaître si vite… que les femmes ou les hommes meurent à plus de 80 ans. Ajoutez que, d’ici votre disparition, votre enfant sera lui-même parent ou grand-parent. Cette incroyable révélation suffira à l’apaiser… jusqu’à la prochaine fois.

S’il vous demande ce que devient le corps ensuite

L’image du ciel où l’on va lorsqu’on est décédé est assez confortable jusqu’à 5 ou 6 ans, elle est sereine, apaisante et souriante… Mais ne brodez pas trop non plus autour des nuages et des petits anges. Si vous préférez évoquer le corps mis en terre (il a entendu parler des enterrements), évitez l’idée de pourriture et de décomposition, dites simplement que le corps se transforme en sable ou en terre qui permet ensuite à la nature de reprendre vie à son tour (les petites fleurs qui poussent, les arbres qui grandissent, etc.).

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