Stérilité : La fécondation in vitro ( FIV )

fécondation in vitro

On estime à 15 % le nombre de couples ayant des difficultés à avoir un enfant. Certains font appel à la fécondation in vitro ou à tout autre mode de fécondation assistée. Aujourd’hui, en France, 1 % des naissances sont issues de l’assistance médicale à la procréation ; 5 000 bébés sont conçus à la suite d’une FIV réalisée avec le sperme du conjoint et 2 000 avec le sperme d’un donneur. Quant aux naissances issues d’un don d’ovocyte, elles ne dépassent pas quelques dizaines.

La solution à bien des stérilités

Pour 60 % des FIV, il s’agit de stérilités dues soit à des problèmes mécaniques tels que trompes absentes, obstruées ou altérées soit à des difficultés dues à la glaire. Mais ces infertilités sont parfois idiopathiques ; ce sont celles qui, pour l’instant, sont inexplicables et pour lesquelles tous les traitements ont échoué. Enfin, cette technique est encore tentée en cas d’échec à l’insémination artificielle ou de problèmes immunologiques. Tout commence pour la future maman candidate à une FIV, et qui a un fonctionnement ovarien normal, par un contrôle rigoureux de son ovulation qui, s’il le faut, sera stimulée par des médicaments. Cette stimulation se fait en utilisant des dosages hormonaux et en contrôlant par l’échographie la taille des follicules ovariens. La précision est telle qu’il est possible pour le médecin de prévoir très précisément quand aura lieu l’ovulation. Puis les ovocytes sont récupérés. Les prélèvements d’ovocytes se font par ponction à l’aide d’une aiguille introduite par voie vaginale et sous contrôle échographique.

Toutes les études montrent que les enfants nés de la fécondation in vitro, même après congélation, sont tout à fait semblables aux autres.
La rencontre des gamètes

Les spermatozoïdes du conjoint sont recueillis par masturbation. Ils sont lavés quelques heures avant la mise en contact avec l’ovule qui, lui, est conservé dans un milieu particulier. On mêle alors dans l’éprouvette un ovocyte à 10 000 ou 20 000 spermatozoïdes mobiles. Les œufs ainsi formés sont placés dans un incubateur à 37 °C. Quelque 48 heures plus tard, l’œuf compte déjà quatre cellules. La réimplantation d’un et souvent de plusieurs embryons dans le fond utérin se fait par un cathéter et ne demande à la femme que quelques minutes de repos. Elle peut ensuite avoir une vie de future maman tout à fait normale.

Dernière née, la technique de la micro-injection. On prélève par micro-aspiration un spermatozoïde de l’éjaculat masculin et, après prélèvement de l’ovule maternel, et par l’intermédiaire d’une micropipette, on place au centre de l’ovocyte le seul et unique spermatozoïde. Cette méthode est de plus en plus utilisée, dans 40% des FIV, car c’est une bonne réponse médicale. Elle tend à se développer pour traiter certaines stérilités masculines sévères. Elle exige une enquête génétique poussée avant toute programmation.

A surveiller

Les grossesses obtenues après fécondation in vitro sont souvent à risque et demandent donc une surveillance accrue. Différentes études montrent un nombre important de fausses couches au premier trimestre (28% environ). De plus, la naissance survient souvent prématurément, et ce phénomène est accentué si plusieurs embryons ont été implantés et menés à terme. Il semble encore que le retard de croissance soit plus fréquent que la normale. Le nombre d’accouchements par césarienne est également élevé. Tout cela entraîne une hospitalisation plus longue des nouveau-nés. Par contre, toutes les études faites sur les enfants nés d’une fécondation in vitro montrent qu’ils ont un développement physique et psychique tout à fait normal.

Un peu de vocabulaire

AMP et PMA signifie la même chose, respectivement : assistance médicale à la procréation et procréation médicalement assistée. C’est l’ensemble des techniques qui permettent d’obtenir une grossesse sans rapport sexuel et tous les gestes qui précèdent et suivent cette assistance tels que le recueil du sperme et de l’ovocyte, la « culture » de l’embryon et la congélation des embryons surnuméraires.
IA signifie insémination artificielle.
IAD, insémination avec recours à un donneur.
IAC, insémination avec le sperme du conjoint.
FIV ou fécondation in vitro est le nom donné à la fécondation en éprouvette d’un spermatozoïde et d’un ovocyte en vue d’une réimplantation dans l’utérus maternel.
Induction ovarienne ou stimulation ovarienne : la production d’ovocytes est stimulée par des médicaments au moment de l’ovulation. Naturellement, l’ovaire ne libère qu’un ovocyte par ovulation, ces stimulations permettent d’en faire éclore plusieurs afin de pouvoir pratiquer plusieurs fécondations in vitro pour obtenir, en un seul acte médical, plusieurs embryons.
Coculture : mise en culture de l’embryon sur un tapis de cellules humaines ou animales pour favoriser son développement avant réimplantation.
DPI, diagnostic préimplantatoire (sélection d’embryons sains).

Le nombre fait la force

Le recours à la FIV a une influence sur le nombre de grossesses multiples. En effet, pour être sûrs de provoquer une grossesse, les médecins implantent plusieurs œufs à la fois. Certains d’entre eux ne poursuivent pas leur évolution mais d’autres (un, deux, trois ou quatre) peuvent devenir des embryons parfaitement viables. C’est aux parents alors de décider s’ils veulent autant d’enfants en une seule fois. Très souvent, leur décision est de garder deux ou trois enfants. Aujourd’hui, bien des médecins estiment que le nombre normal d’embryons réimplantés ne devrait pas dépasser trois. Le recours à la congélation des embryons permet aussi de limiter le nombre d’enfants par grossesse, ceux-ci pouvant être réimplantés ultérieurement.

Les biologistes sont capables, aujourd’hui, de cultiver in vitro les embryons pendant quatre ou cinq jours. Cette technique toute récente permet d’obtenir des embryons plus résistants et donc de pouvoir n’en transplanter qu’un ou deux avec des chances de survie beaucoup plus importantes. C’est aussi le moyen d’éviter les grossesses multiples qui ne sont jamais simples et de donner plus de chances aux femmes qui, en raison d’un utérus petit ou cloisonné, ne peuvent supporter l’implantation de tous les embryons qui leur étaient destinés.
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