Avoir un bébé : Faire un bébé toute seule

mère célibataire

Aujourd’hui, la contraception et l’interruption volontaire de grossesse permettent à la plupart des mères célibataires de l’être intentionnellement. On est loin de l’étiquette réprobatrice de « fille-mère », et ces femmes qui vivent une maternité sont plutôt bien dans leur peau.

Quand elles expriment leur désir maternel, elles disent qu’il repose essentiellement sur le besoin de se prolonger, sur la volonté de ne pas baser leur vie sur la réussite sociale et professionnelle. C’est aussi l’expression du souhait de ne pas vivre seule toute leur vie. Les mères célibataires volontaires sont aujourd’hui des femmes de plus de 30 ans, dans une situation financière relativement confortable.

Des sentiments mêlés

Mais dans leur vie comme dans celle de toutes les futures mamans, il y a des hauts et des bas. Les mamans célibataires ne sont pas à l’abri de ces manifestations de légère dépression ou de ces sentiments contradictoires qui peuvent se transformer en angoisses. Car si leur grossesse est volontaire, elle n’est pas menée dans l’inconscience. La responsabilité d’élever seule un enfant, le manque de soutien affectif leur font penser, dans les petits moments de. blues, que tout irait mieux si elles n’étaient pas seules. L’image idéalisée du couple attendant et accueillant son enfant reste encore profondément ancrée dans les représentations de notre société et dans les mentalités.

À la différence de certains pays d’Europe, la loi française ne permet la procréation médicalement assistée qu’aux couples vivant maritalement. Cette loi devrait être revue bientôt.
Une grossesse toujours voulue

Or, le désir d’enfant des femmes seules, parfaitement maîtrisé et assumé au vu de tous, n’est jamais aussi évident dès lors qu’on s’attache aux raisons inconscientes. Comme dans tout désir d’enfant se mêlent l’image que l’on a de sa féminité, la compensation de certaines frustrations affectives familiales, le besoin de s’identifier à sa propre mère ou, tout au contraire, celui de prouver que l’on sera capable de faire mieux. Dans ce cas précis, les psychanalystes assimilent ce désir d’enfant à un processus de réparation. De plus, la solitude est presque toujours le résultat de l’échec affectif d’une relation amoureuse. Pour certaines mères célibataires, le phénomène d’introspection qu’entraîne la grossesse révèle leur incapacité à nouer des relations affectives solides.

Cependant, toutes les études montrent que les mères célibataires, dans leur grande majorité, vivent bien leur grossesse et que l’absence d’un père à l’accouchement est largement compensée par une équipe soignante disponible

Des aides spécifiques

Ainsi dans certaines maternités, les sages-femmes en charge de la préparation à la naissance essaient de mettre en rapport les futures mamans célibataires afin de rompre le sentiment de solitude que peuvent éprouver certaines, notamment au moment de l’arrêt de travail. Les mères célibataires ont encore droit à des aides et à des allocations particulières. Elles peuvent s’informer auprès de l’assistante sociale de leur quartier ou aux services de la PMI de leur commune. Elles sont aussi prioritaires pour l’obtention d’une place en crèche collective ou familiale. De nombreuses associations se sont créées pour venir en aide à celles qui sont les plus démunies. Là encore, l’assistante sociale leur sera d’une grande aide. Pour les futures mamans en grande difficulté, lés services sociaux ont créé les maisons maternelles. Y sont hébergées les jeunes mères pendant les trois mois qui suivent l’accouchement ; l’hôtel maternel, si besoin, prend le relais, en offrant aux mères célibataires un hébergement très économique et une préparation au monde du travail. Les centres maternels tendent à se substituer à ces deux premières institutions pour des raisons administratives. Le cumul des fonctions d’aide et d’accueil évite la rupture de la prise en charge.

Bioéthique et célibat
La loi française sur la bioéthique ne permet pas aux mère célibataires d’avoir recours à l’insémination artificielle ou au don d’embryon. Les procréations médicalement assistées ne s’appliquent actuellement qu’aux couples reconnus comme vivant maritalement.
Attachement extrême

La principale crainte des mères célibataires est d’être trop possessives et surprotectrices. Le risque existe, car l’enfant devient pour elles une forme de compensation en palliant leur manque d’amour. Il recevra donc toute leur affection ; en retour, elles s’attendront à recevoir également beaucoup… peut-être trop. Ces mères risquent encore de voir en cet enfant un moyen de recommencer leur vie. Tout cela concourt parfois à la naissance d’une relation trop étouffante. Seul remède : le couple mère-enfant doit absolument s’ouvrir sur l’extérieur, vivre des séparations et des expériences différentes, pour que chacun des deux trouve son propre statut.

Le rôle du « père »

Parmi les enfants naturels, 18 % ne font jamais l’objet d’une reconnaissance de la part de leur père. Ce chiffre n’a pas varié depuis vingt ans. On peut interpréter ces chiffres comme le refus de ces hommes d’être pères. Mais les histoires des couples aujourd’hui sont peut-être plus compliquées qu’autrefois. Bien des mères célibataires ont dû affronter la déception de constater que l’homme qu’elles aimaient, fuyant dès l’annonce de la maternité, était en fait incapable d’assumer une paternité. Ces hommes se sentent piégés, engagés dans une vie qu’ils n’ont pas choisie. Reste à la mère la lourde tâche de remplacer ce père absent. Classiquement, les psychologues affirment que pour que mère et enfant aient une relation normale, il faut que dans le couple s’insère une troisième personne : c’est le rôle dévolu au père. Pour la mère célibataire et son enfant, il sera donc souhaitable de trouver un substitut de père. Un parent ou un ami peut parfaitement jouer ce rôle, à condition qu’il soit régulièrement présent auprès de l’enfant et que ce soit une personne stable. Parallèlement, si la future maman a une image négative du père génétique de cet enfant, elle doit veiller à ne pas la transmettre à l’enfant. Elle placerait ce dernier dans une situation de rejet préjudiciable à son développement et à leurs relations. Ce bébé est un individu indépendant qui a déjà, avant de naître, une histoire un peu compliquée qu’il n’est pas souhaitable d’aggraver.

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