Développement du foetus : Bébé réagit aux bruits

grossesse et ouïe du foetus

Soyez-en sûre : votre bébé avant de naître connaît bien votre voix.

Des études faites sur des enfants quelques heures après leur naissance prouvent qu’ils sont capable de reconnaître la voix de leur mère parmi des voix étrangères.

L’ensemble du système auditif du fœtus fonctionne à 20 semaines, mais sa maturation ne sera achevée qu’au 7ème mois.

Un environnement très sonore

C’est la présence de liquide amniotique dans l’oreille moyenne et dans la caisse du tympan qui permet aux sons de se transmettre. Ce liquide est expulsé à la naissance au moment du premier cri et donne ainsi à l’oreille ses pleines capacités.

Le fœtus entend les bruits émis par sa mère, battements du cœur, circulation sanguine et borborygmes. On évalue la puissance sonore de ces « bruits de fond » entre 70 et 95 décibels. Il entend également les siens, ceux qu’il fait en bougeant et ceux du placenta et, bien sûr, il entend la voix humaine. Celle de sa mère est déformée, celles des autres personnes qui parlent autour de lui sont moins fortes mais plus distinctes.

De toutes récentes découvertes confirment que le fœtus entend dès la 22ème semaine de vie in utéro. Tous les bébés réagissent de la même manière : l’augmentation de la puissance du son provoque en eux une accélération cardiaque. Il semble même que le fœtus manifeste une certaine désapprobation en clignant des yeux.

L’observation des enfants nés avant terme montre que le prématuré sait très tôt qu’on lui parle. Il distingue déjà les changements de tonalité et de fréquence de la voix qui s’adresse à lui.

Mémoire in utéro

On sait aussi qu’il s’habitue aux bruits et il est même possible de le conditionner. Une expérience a démontré que dans les familles russes parlant français, le nouveau-né préfère la langue que sa mère a parlée pendant la grossesse à la langue maternelle (russe). Et les réactions du bébé sont beaucoup plus intenses, si, pendant les derniers mois de la grossesse, la mère a lu ou chanté le même texte.

En fait, il semble que le bébé in utéro ne comprend pas les mots, bien sûr, mais perçoit l’intonation, donc la charge affective qu’ils portent. Observez-vous lorsque vous parlez à votre bébé, votre voix est différente de celle que vous adoptez pour parler à un adulte et même à votre aîné si vous attendez un deuxième enfant.Toutes ces recherches ont permis aux services de médecine néonatale de développer des soins aux nouveau-nés, notamment pour calmer les bébés qui pleurent ou qui semblent stressés, en leur faisant écouter les battements d’un cœur humain. Cette écoute est généralement « magique » et les apaise presque aussitôt pour la plupart.

La perception du langage chez les nouveau-nés

Des expériences menées par le professeur Jacques Mehler et Josiane Bertoucini nous en disent un peu plus sur ce que le bébé perçoit. Ils ont étudié les réactions d’une centaine d’enfants dans les trois jours qui ont suivi leur naissance. Leurs recherches ont d’abord porté sur la langue française et le rôle de la syllabe, particulièrement importante dans notre langue pour la reconnaissance des mots. La perception de la syllabe semble tout à fait précoce. L’enfant de quelques jours est capable de différencier l’ordre des voyelles et des consonnes qui la constituent. Il semble encore beaucoup mieux différencier les syllabes ayant au moins une voyelle que celles faites uniquement de consonnes. L’expérience montre encore que le nourrisson fait aussi une différence entre des « pseudo-mots » de deux syllabes et de trois syllabes, et cela quelle que soit la durée de prononciation de celui-ci.

En conclusion, l’enfant base sa perception « élémentaire » sur le nombre de syllabes, et perçoit donc l’organisation syllabique des sons de la parole dès les premiers jours de sa vie. L’équipe médicale a, ensuite, cherché à savoir si la syllabe était une unité de base de perception, quelle que soit la langue entendue. L’expérience a été poursuivie en donnant à entendre aux enfants du japonais. Là encore, la syllabe simple et le mot fait de plusieurs syllabes sont les seuls à pouvoir éveiller sa curiosité. Dès sa naissance, l’enfant est donc capable d’extraire une certaine organisation des sons émis par la voix ; le rythme et l’intonation de ce qui est prononcé pouvant encourager cette capacité. Au bout de 3 ou 4 jours, il sait faire la différence entre sa langue maternelle, qu’il préfère, et une autre langue. Mais il est, par contre, incapable de distinguer deux langues étrangères l’une de l’autre.

De plus en plus mature

Au cours du 7ème mois, le système nerveux se sophistique : le cortex se creuse de multiples sillons, les neurones se développent. Les nerfs s’enrobent de myéline, substance graisseuse constituant la gaine des fibres nerveuses. Le cordon ombilical a changé. Il est beaucoup plus large pour permettre aux vaisseaux sanguins qui le parcourent de remplir leur fonction sans être gênés par les mouvements du fœtus. Il s’est également capitonné d’une masse blanchâtre qui ressemble à de la gélatine. Enfin, c’est souvent au cours de ce mois que le futur bébé se place verticalement tête en bas. Mais certains bébés peuvent attendre encore quelques semaines pour le faire. Le bébé pèse en moyenne 1,7 kg et mesure 44 cm.

Éducation précoce

Aux États-Unis, en Californie, le docteur René Van de Carr a créé une « université prénatale ». A Hayward, à raison d’une séance par jour, les futures mamans peuvent « éveiller » leur futur bébé, dès le 5ème mois. Ainsi elles cherchent à développer l’attention du fœtus : à l’aide d’un appareil acoustique, elles lui font entendre des mots, associés à des gestes. A 28 semaines, elles lui répètent des mots monosyllabiques pour lui apprendre son premier vocabulaire. À la 32ème semaine, musique et mots sont associés afin de développer la mémoire et le sens du rythme. Il paraîtrait que cette méthode favorise l’éveil des bébés tant sur le plan de la communication que sur celui de l’apprentissage du langage. En France, il existe aussi une « école des fœtus ». On tente de leur apprendre l’anglais en leur faisant écouter, par l’intermédiaire de la voix de la mère, un petit vocabulaire de base dans la langue de Shakespeare. Bien sûr, toutes ces expériences sont à prendre avec beaucoup de précautions. Bon nombre de spécialistes sont totalement opposés à cette surstimulation précoce. Elle serait totalement inutile, se ferait au détriment d’un développement harmonieux et révélerait, avant tout, un manque de relations affectives vraies et profondes.

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