Santé : Le diabète et la grossesse

diabète et grossesse

Le diabète n’est plus une contre-indication à la grossesse si, avant même la conception la diabétique procède à un bilan médical complet. L’hyperglycémie à redouter chez la femme diabétique est cause de complications maternelles et de malformations fœtales.

Des bilans réguliers

Pour mener à bien une grossesse, la future maman diabétique doit, deux à trois mois avant de concevoir son bébé, faire le bilan de son diabète.

Elle obtient ainsi, grâce à un traitement à l’insuline et à un régime alimentaire, un équilibre glycémique proche de la normale pendant la période préconceptionnelle et les trois premiers mois de la grossesse. Elle établit, avec le spécialiste, le dosage de l’insuline qu’elle devra s’injecter quotidiennement. Le médecin pratiquera des examens complémentaires : fond d’œil pour dépister une éventuelle atteinte de la rétine, recherche d’infection urinaire, d’hypertension.

Tout au long de sa grossesse, la future maman contrôlera elle-même le taux de sucre dans ses urines au moyen de tests d’autosurveillance. En cas de problème, elle pourra procéder facilement à une glycémie capillaire en recherchant le sucre dans son sang (en piquant simplement un capillaire au bout d’un de ses doigts). De plus, elle constatera une baisse de son besoin d’insuline en début de grossesse, une augmentation au milieu de celle-ci et une stabilisation à la fin.

Aux rendez-vous mensuels chez l’obstétricien s’ajoutera, tous les 15 jours, une visite chez son spécialiste. Une surveillance particulière sera demandée en fin de grossesse avec, notamment, le comptage des mouvements fœtaux dès la 32ème semaine d’aménorrhée et l’enregistrement régulier du rythme cardiaque du futur bébé. L’absence de mouvements du bébé sur toute une journée nécessite la consultation immédiate du médecin.

Une naissance sous surveillance

L’accouchement peut se faire normalement à terme par les voies basses si l’enfant n’est pas trop gros. Mais il arrive que l’excès de liquide amniotique, fréquent dans ce trouble, soit à l’origine d’un déclenchement prématuré de l’accouchement. Les médecins peuvent encore décider de provoquer l’accouchement à 38 ou 39 semaines en raison de la grosseur du bébé et de l’appauvrissement de la fonction placentaire.

Le bébé d’une maman diabétique est souvent placé à la naissance dans un service de soins spécialisés, afin de surveiller tout risque d’hypoglycémie, trouble tout à fait transitoire.

La mère diabétique peut nourrir son enfant au sein. Les médecins le lui recommandent même. Par contre, elle devra faire surveiller son enfant régulièrement, car il a 3 fois plus de chances que les autres de développer cette maladie au cours de sa vie.

Le diabète gestationnel

Dans certains cas, le diabète peut apparaître pendant la grossesse, puis disparaître après : c’est ce que l’on appelle le diabète gestationnel lié aux changements hormonaux de la grossesse. Ses conséquences ne sont pas anodines : accouchement plus difficile, recours plus fréquent à la césarienne, nourrisson plus fragile et plus gros que la normale. Au début de la grossesse, le taux de glycémie est normal, puis il s’élève brusquement, d’un jour à l’autre, généralement après 26 semaines d’aménorrhée. Il n’est pas possible de savoir si ce diabète était préexistant ou s’il a été provoqué par la gestation. En effet, pendant cette période, les reins n’éliminent pas le sucre dans les urines de la même façon qu’avant, et la grossesse est diabétogène. Sont particulièrement touchées par ce phénomène les futures mamans obèses, ayant des antécédents familiaux de diabète ou ayant dépassé la quarantaine. Une courte hospitalisation permet habituellement de faire un bilan précis du taux de glycémie et de mettre en place un traitement.

On conseille généralement un régime strict qui permet, dans bien des cas, un retour à un taux de sucre dans le sang proche de la normale. Ce régime est de nature hypocalorique avec suppression des sucres et répartition des apports glucidiques dans la journée. La prise de poids sur les neuf mois ne peut pas dépasser 14 kg.

Le médecin conseille la pratique d’un peu d’activité physique, comme la marche ou une gymnastique appropriée à la grossesse. Souvent encore, le repos demandé pour mener cette grossesse à terme exige un arrêt de travail anticipé.

Dans les cas les plus extrêmes, la future maman est hospitalisée et traitée à l’insuline avec installation d’une pompe qui diffuse le médicament dans le sang, et ce de manière permanente.

Après une maternité, la mère ayant souffert d’un diabète gestationnel reste prédisposée au diabète, surtout si elle prend du poids et consomme beaucoup de sucre.

Un vrai dépistage

Actuellement, toutes les femmes subissent un test mensuel de détection du sucre dans les urines, mais ce test n’est pas adapté à la recherche du diabète. Aujourd’hui, il existe un test dit « d’O. Sullivan ». Malheureusement, en raison notamment de son coût, il n’est pas fait systématiquement. Il consiste en une prise de sang au 6ème mois de grossesse (date à laquelle le diabète apparaît le plus souvent) qui permet de doser une heure après absorption de 50g de glucide le taux de glycémie. Si le risque de diabète existe, ce test est suivi rapidement d’une hyperglycémie provoquée dans la semaine suivante.

Si le diabète est mis en évidence, on conseille à la future maman de suivre un régime alimentaire. Si cela ne suffit pas, on y associe des injections d’insuline, qui sont sans danger pour le bébé.

Qu’est-ce que le diabète?

On parle de diabète lorsque le taux de sucre dans le sang est plus élevé que la normale (entre 00,80 et 1,20 g/l).

Le pancréas est l’organe chargé de cette régulation par la production d’une hormone, l’insuline.

Son fonctionnement peut être insuffisant au cours d’une grossesse en raison de l’effet contraire des hormones de la grossesse sur l’insuline. Ce sont les analyses d’urine et de sang, systématiquement pratiquées lors des examens médicaux obligatoires, qui le révèlent.

Les symptômes les plus courants sont la soif permanente, l’envie d’uriner fréquente et une haleine qui sent l’acétone. La santé des futures mamans qui étaient déjà reconnues comme diabétiques ou de celles qui avaient déjà une prédisposition doit être étroitement surveillée.

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