Développement du foetus : L’échographie du 2ème trimestre

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C’est elle qui permet de vérifier plus particulièrement l’anatomie du fœtus.

Lorsque vous vous préparez pour votre deuxième échographie, vous êtes peut-être un peu tendue car vous savez que c’est le moment le plus favorable au dépistage des malformations.
Heureusement, l’échographie va certainement vous rassurer, les malformations fœtales étant exceptionnelles. C’est une tape après laquelle vous vous sentirez le plus souvent tranquillisée. Si vous avez déjà eu une grossesse à problème, n’oubliez pas d’en parler à votre échographiste.

Ne vous étonnez pas si ce spécialiste ne répond pas toujours à vos questions. Vous devez avoir conscience que l’échographie est un examen complexe qui demande de la compétence, ainsi que beaucoup de vigilance et de patience. Pendant que le praticien glisse la sonde sur votre ventre, il se concentre sur ce qui se passe à l’écran pour observer un fœtus qui se dérobe en partie à l’examen et pour pouvoir vous rassurer à bon escient. Il sait que de son examen dépendent des décisions très importantes pour votre enfant, que l’échographie suivante n’aura lieu que bien plus tard, vers la trente-quatrième semaine, et qu’il ne pourra plus voir votre enfant de façon aussi globale.

Cette échographie ne sert pas seulement à observer les détails de la morphologie du fœtus, elle permet aussi de s’assurer qu’il se développe bien, ni trop ni trop peu, et de prendre les mesures nécessaires, souvent simples, pour améliorer éventuellement son développement.

Les différents organes sont examinés tour à tour; le praticien vous décrit ce qu’il voit et le note dans son compte-rendu, que vous garderez. Quant à l’identification du sexe, elle est aujourd’hui très fiable. précisez avant l’examen si vous voulez ou non connaître le sexe de votre enfant.

A quelle date devez-vous faire votre deuxième échographie?

Si elle est pratiquée comme un examen de principe, alors que votre grossesse se déroule parfaitement, la période comprise entre vingt et vingt-quatre semaines est la meilleure car toutes les structures sont alors suffisamment bien développées pour être étudiées au mieux.

La date de cette échographie dépend aussi de vos antécédents. Si l’on a des raisons de surveiller plus précisément le développement d’un organe particulier, ou si votre enfant risque d’être hypotrophique (trop petit ou trop maigre), on fera des échographies plus précoces et plus fréquentes.

Si vous avez eu une grossesse présentant une malformation fœtale, on programmera les échographies selon votre cas particulier. Bien souvent, on fera un examen en fin de premier trimestre, ou en tout cas vers 17 ou 18 semaines, donc plus tôt que la deuxième échographie rituelle car, lorsque l’on connaît précisément l’anomalie à rechercher, cette image précoce peut être utile. Elle ne vous dispensera pas de l’échographie du troisième trimestre, surtout pour les anomalies du cœur, qui peuvent évoluer.

Votre enfant se développe-t-il suffisamment?

L’échographie permet de prendre des mesures précises. Comme lors de votre première échographie, les trois paramètres de base que sont le diamètre bipariétal (grosseur de la tête), la mesure de l’abdomen et la longueur des fémurs attestent de la croissance du bébé. De plus, on peut mesurer maintenant des paramètres précisant la morphologie de l’enfant, tels que la distance entre les deux yeux et la longueur des pieds.

L’échographiste regarde aussi si le fœtus a tout pour être bien nourri et oxygéné : l’épaisseur du placenta, la façon dont celui-ci est inséré par rapport au col de l’utérus et le volume du liquide amniotique.

Cette étude du développement et de la nutrition de l’enfant est particulièrement attentive s’il y a eu un retard de croissance du fœtus lors d’une grossesse précédente. On vous soumettra alors volontiers à une échographie mensuelle à partir de 20 semaines. On mesurera l’indice Doppler qui vérifie la bonne vascularisation du fœtus par le cordon ombilical. On complètera souvent par une mesure du flux sanguin dans les artères ombilicales.

L’échographiste analyse le comportement de l’enfant

Il observe ses mouvements, sa réponse aux stimulations, les mouvements fins de ses doigts, les mouvements de déglutition de sa salive et du liquide dans lequel il baigne.

Le sexe de votre enfant

Il est visible généralement dès cette date à l’échographie.

Le contrôle de l’anatomie de bébé

Même si les malformations fœtales sont rares, il est tout à fait compréhensible que vous en ayez peur. De tout temps, les femmes ont craint de mettre au monde un enfant atteint d’une anomalie.

Le rôle de l’échographie dans le dépistage des malformations

Grâce à elle, la plupart des malformations ne sont plus une surprise à la naissance. On peut s’y préparer et prendre les mesures adéquates. L’échographie ne comporte pas de contre-indications, elle est indolore, sans danger pour le fœtus et elle peut détecter un grand nombre de pathologies. Il est nécessaire de systématiser l’échographie car, pour 90% des enfants porteurs de malformations, aucun antécédent familial ne les laisse prévoir et, avant l’invention de l’échographie, aucune méthode de dépistage ne leur aurait été proposée.

L’échographie ne voit pas tout, mais elle voit presque tout. Plus de 90% des malformations graves, celles qui nécessitent un traitement ou qui vont peut-être vous décider à une interruption de grossesse pour motif médical, sont détectées par l’échographie.

Elle est par ailleurs indispensable aux autres méthodes de diagnostic prénatal, pour guider le prélèvement lors de l’amniocentèse, par exemple.

Les malformations sont souvent curables

Ne vous affolez pas si l’échographiste vous signale une particularité de votre bébé; la plupart des anomalies sont sans conséquences, d’autres sont parfaitement curables. En voici deux exemples.

Pendant une échographie, le praticien a signalé des « fémurs un peu court, de 10% en dessous de la moyenne ». la jeune femme a demandé des explications. « Ce n’est pas grave » lui dit le spécialiste mais, pendant toute la deuxième moitié de la grossesse, elle a cru que son enfant aurait les jambes très courtes. Il a fallu plus d’un an pour que la maman comprenne que son enfant était tout à fait proportionné.

Un échographiste annonce à une jeune femme que son enfant aura une éventration de l’abdomen. la famille de la jeune femme l’exhorte à « être raisonnable », mais elle, elle désire cet enfant, et veux se battre pour lui. La prise en charge de cette grossesse a donc été faite par un service de chirurgie habitué aux interventions néonatales et doté d’une unité de réanimation permettant des suites opératoires de haute technicité. le bébé a été opéré dès sa naissance, il n’en a gardé pour souvenir qu’une fine cicatrice verticale de 2,5cm à gauche du nombril. Une greffe de peau n’a même pas été nécessaire.

Il faut donc différencier, d’une part, les malformations curables, ou les simples « marques de fabrique », comme un doigt surnuméraire facile à enlever, une communication entre les deux ventricules du cœur qui se fermera spontanément et, d’autre part, les malformations incurables et graves, comme une absence de reins, par exemple, incompatible avec la vie.

La détection des malformations par l’échographie permet le plus souvent de s’organiser pour traiter le nouveau-né dès sa venue au monde. Par exemple la hernie diaphragmatique, qui empêcherait le bébé de respirer après la naissance, peut être opérée en urgence sans laisser de séquelles. Il arrive même que l’on intervienne pendant la grossesse, par exemple pour installer une dérivation de l’urine en cas de malformation de l’appareil urinaire. Mais, là encore, on organisera plutôt avec le chirurgien une opération après la naissance.

L’échographie permet-elle d’évaluer l’état cérébral du fœtus?

L’échographie peut s’assurer que le fœtus réagit bien aux stimuli, c’est-à-dire qu’il est capable d’ouvrir la main, d’écarter les doigts, d’avaler le liquide amniotique, de bouger lorsqu’il sent la pression de la sonde.

Elle peut s’assurer que les conditions de présentation du fœtus et d’implantation du placenta ne font pas courir au bébé de risque de souffrance cérébrale au moment de l’accouchement.

Parce qu’elle détecte les facteurs de risque, l’échographie permet éventuellement de prendre les mesures pour protéger le devenir cérébral du bébé. L’échographiste peut s’assurer que le fœtus ne montre pas de signe de maladie congénitale qui s’accompagne de déficit mental. par exemple, il vérifie l’absence de signes indirects de trisomie 21.

L’échographie peut-elle dépister la trisomie 21 (le mongolisme)?

Cette question préoccupe tous les parents, mais aussi les échographistes. la trisomie 21 est due à un chromosome supplémentaire : l’enfant a trois chromosomes 21, au lieu de deux.

L’échographie ne peut rechercher que des signes indirects de trisomie 21. On peut être alerté par certaines malformations digestives ou cardiaques particulièrement fréquentes chez les trisomiques, mais aussi par des signes mineurs comme l’épaisseur du cou ou l’écartement des orbites, qui permettent de dépister une trisomie sur deux actuellement. Mais il faut savoir qu’aucun de ces éléments ne permet d’affirmer que l’enfant sera trisomique; ils incitent cependant à pratiquer une amniocentèse de vérification.

La trisomie 21 n’est pas la seule anomalie chromosomique dépistable par l’échographie. Cette technique permet de déceler de plus en plus finement la moindre anomalie, et les progrès sont constants. N’hésitez donc pas à suivre le programme établi par votre accoucheur, qui vous confiera à un échographiste spécialisé en médecine fœtale et, en cas d’antécédents familiaux, à un pédiatre spécialisé en conseil génétique.

Le médecin-conseil de la Sécurité Sociale doit donner son accord préalable pour cette échographie cotée K35, ce qui est pratiquement toujours acquis et vous permet d’être remboursée.

Que faire si l’échographie révèle une anomalie?

D’abord, il ne faut pas s’affoler. l’échographiste vous proposera de pratiquer une échographie de contrôle un peu plus tard. Il arrive que le contrôle se révèle négatif, même si l’examen précédent avait été pratiqué par l’un des meilleurs spécialistes.

Si le contrôle confirme une malformation, souvenez-vous de l’infinie variété des anomalies possibles : il vous faut donc bien comprendre de quoi il s’agit et quelles sont les mesures à prendre. Vous aurez intérêt à consulter un pédiatre ou un chirurgien infantile spécialisé dans l’anomalie en question : c’est lui qui vous donnera les meilleures informations.

Certaines malformations comportent un risque de séquelles.

Il faut alors demander rapidement des explications claires aux spécialistes, pédiatre et chirurgien infantile, pour prendre la décision la plus éclairée possible quant à la poursuite ou à l’arrêt de la grossesse.

Il arrive enfin que, devant certaines anomalies digestives, par exemple, qui caractérisent fréquemment les enfants trisomiques, votre gynécologue demande une étude des chromosomes par amniocentèse.

Que fait-on lorsqu’une malformation est incompatible avec la vie?

Certaines malformations rendent l’enfant à venir non viable : de graves malformations du cerveau ou une absence de reins par exemple. Votre gynécologue vous demandera alors si vous voulez attendre l’accouchement spontané ou si vous préférez une interruption de grossesse. Cette interruption de grossesse ne se fait pas comme autrefois par césarienne; on peut généralement déclencher l’accouchement par voie basse sous péridurale. C’est une situation très éprouvante. La prévision échographique permet cependant aux parents de faire leur deuil de cet enfant moins douloureusement que s’ils l’avaient attendu jusqu’au terme. Une consultation génétique sera nécessaire pour éviter, autant que possible, de revivre ce drame lors de la grossesse suivante.

L’échographiste vous dit-il toute la vérité?

Il travaille devant vous et dicte même généralement son compte rendu en votre présence. Ainsi tout est clair. Il n’est absolument pas question de vous cacher un diagnostic de malformation, d’autant plus que tout diagnostic échographique suppose des examens complémentaires et des mesures à prendre.

L’échographiste peut cependant avoir de simples doutes. En vous en faisant part, il risque de déclencher des angoisses incontrôlables. Transmettre ses certitudes est son devoir; quant à de simples doutes, tout dépendra de sa sensibilité et de la vôtre.

N’hésitez donc pas à poser les questions qui vous tourmentent, même si elles vous paraissent stupides. La compréhension des médecins qui vous suivent doit être totale. Mais n’insistez pas non plus si l’échographiste vous demande un délai de réflexion : il a parfois besoin d’un complément d’information, de l’avis d’un confrère, de votre gynécologue, d’un pédiatre spécialisé en néonatologie, d’un généticien, d’un chirurgien d’enfants, avant d’être plus précis. Le suivi de la grossesse est de plus en plus un travail d’équipe.

Le plus souvent, vous sortirez rassurée et heureuse de l’échographie : tout est normal. Dans le cas contraire, en être avertie vous permettra de vous organiser en conséquence.

L’échographie et les progrès considérables qu’elle a accomplis ces dernières années représentent un atout formidable pour la vie du futur bébé et de ses parents.

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