Accouchement : La délivrance

accouchement de bébé et délivrance

Alors que vous découvrez avec émotion votre nouveau-né et reprenez des forces, il vous reste une étape importante à franchir : la délivrance, c’est-à-dire l’expulsion du placenta.

L’expulsion du placenta est un mouvement naturel

Environ une demi-heure après la naissance, l’utérus est repris de petites contractions, moins douloureuses que celles de l’accouchement; le muscle utérin se rétracte, le placenta se décolle du fond utérin puis est expulsé avec les membranes.

Vous devrez peut-être aider cette expulsion par quelques poussées et la sage-femme appuiera parfois avec sa main sur votre ventre pour accompagner vos efforts. L’équipe médicale examine soigneusement le placenta pour vérifier qu’il est complet. Il pèse entre 500g et 700g. Le moindre fragment de placenta restant incrusté dans la paroi utérine serait une source d’hémorragies. En ce cas, il faudrait le récupérer par une révision utérine.

Que devient le placenta?

Après avoir été examiné, soit il est confié au laboratoire si des examens sont nécessaires, par exemple la recherche de toxoplasmose ou d’infection bactérienne, soit il est recueilli par un laboratoire pharmaceutique qui l’utilisera, en particulier pour en extraire des anticorps, les gammaglobulines, si précieux pour de nombreuses personnes.

L’utérus continue de se rétracter pendant une semaine

Lorsque le placenta a été expulsé, les artères qui le nourrissaient doivent se refermer. Le muscle utérin continue donc de se rétracter pendant plusieurs jours, de façon à bloquer ces artères, qui deviennent de plus en plus petites, s’obstruent et ne laissent plus passer le sang. La succion du mamelon par le bébé stimule la sécrétion d’ocytocine. C’est pourquoi vous percevrez souvent de petites contractions pendant les tétées; elles vous permettront de retrouver plus rapidement un ventre plat.

Une hormone naturelle, l’ocytocine, provoque les contractions et la rétractation de l’utérus.

Les contractions qui suivent la délivrance ne sont pas très douloureuses, du moins pour les premières grossesses. Si c’est votre troisième ou quatrième grossesse, les douleurs sont plus intenses, au point qu’on les appelle des tranchées. Des médicaments vous seront donnés pour vous soulager.

La surveillance de la délivrance

La surveillance de la délivrance est nécessaire afin de prévenir les hémorragies. Celles-ci surviennent lorsque les vaisseaux placentaires continuent de débiter du sang:

- soit parce qu’un morceau de placenta est resté fixé, sécrétant encore de la progestérone qui inhibe la rétractilité utérine;

- soit parce que l’utérus ne se contracte pas assez, ce qui survient lorsque vous avez eu des jumeaux ou un très gros bébé, par exemple;

- soit parce qu’une infection gêne la contractilité de l’utérus; c’est le risque lorsque la poche des eaux a été ouverte trop longtemps avant la naissance;

- soit parce que la coagulation se fait mal.

C’est pourquoi l’accoucheur, l’anesthésiste et la sage-femme vérifient votre pouls et votre tension artérielle et restent vigilants jusqu’à l’expulsion totale du placenta.

Si le placenta n’est pas complètement expulsé, ou en cas d’hémorragie, on pratique une révision utérine: l’accoucheur ou la sage-femme glisse sa main recouverte d’un gant stérile à l’intérieur de l’utérus pour ramener, en longeant bien les parois, le fragment de placenta manquant. Cette opération dure de 1 à 3 minutes.

Le risque hémorragique est encore plus grand lorsque tout le placenta reste dans l’utérus : s’il n’est pas expulsé après 45 minutes, l’accoucheur pratique une délivrance artificielle.

Pour ces deux interventions, si vous êtes sous péridurale, vous ne sentirez rien. Sinon, l’anesthésiste vous fera une anesthésie générale de courte durée.

On injecte par perfusion des hormones (ocytocine, prostaglandines) pour augmenter la contractilité de l’utérus. Des antibiotiques vont lutter contre l’infection. Vous pouvez avoir besoin de médicaments facilitant la coagulation. Il arrive parfois que l’anesthésiste vous fasse une transfusion, d’où l’intérêt d’avoir conservé préalablement une partie de votre sang : c’est l’autotransfusion.

Cette surveillance et les progrès de la médecine permettent de juguler aujourd’hui les hémorragies de la délivrance, si redoutées autrefois des femmes et des accoucheurs.

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