Accouchement : Les accouchements particuliers

accouchement particulier
Que le bébé se fasse trop attendre ou se présente par les fesses, et une aide médicale sera la bienvenue.

L’accouchement programmé

On programme la date de l’accouchement:

- lorsque le terme est dépassé : il n’est pas souhaitable pour un bébé à terme de rester plus longtemps in utero, le placenta devenant de moins en moins fonctionnel;

- pour des raisons médicales, lorsque la poursuite de votre grossesse est préjudiciable au foetus (par exemple, en cas de diabète, d’incompatibilité Rhésus ou de toxémie gravidique);

- pour des raisons de fatigue en fin de grossesse, pour des raisons familiales ou professionnelles;

- lorsque votre médecin juge que votre accouchement nécessite des conditions particulières de sécurité (l’équipe médicale sera plus complète dans la journée que la nuit, par exemple).

La connaissance précise de la date normale de l’accouchement grâce à l’échographie permet de bien calculer aujourd’hui le terme du bébé.

Le déclenchement de l’accouchement est alors provoqué par une perfusion d’ocytocine ou de prostaglandines.

L’accouchement programmé comporte certains risques

La perfusion peut être inefficace, ne déclenchant aucun travail: c’est pourquoi on ne décide pas l’accouchement programmé n’importe quand; il faut attendre que le col soit ramolli et entrouvert, la tête se présentant bien appliquée. On ne provoque pas d’accouchement lorsque le bébé se présente par le siège.

L’utérus peut souffrir de cette inondation hormonale (perfusion d’ocytocine ou de prostaglandines): les contractions risquent de ne pas être efficaces, le travail peut traîner en longueur, et cela peut se terminer en césarienne.

Plutôt que « accouchement programmé », il faudrait dire « accouchement légèrement anticipé », quand les contraintes techniques ou l’intérêt du bébé imposent de ne pas attendre plus longtemps.

L’accouchement par le siège

Si, lors de votre visite du huitième mois, votre bébé se présente par les fesses, votre question bien légitime est aussitôt:

Peut-on faire tourner un bébé qui se présente par le siège?

Votre gynécologue peut décider de tenter de retourner le fœtus: c’est la manœuvre de version externe. Vous êtes allongée sur une table d’accouchement, après avoir reçu des médicaments décontractant l’utérus. Le fœtus flottant encore librement dans le liquide, les mains de l’accoucheur guidées sous échographie peuvent tenter de le faire culbuter pour qu’il se présente la tête en bas. L’échographie surveille particulièrement la position du cordon, qui ne doit pas se tendre autour du cou du fœtus. Le monitoring vérifie que le fœtus supporte bien la manœuvre. Mais celle-ci ne réussit pas toujours, et parfois le fœtus se remet en position de siège quelques jours après.

Ces difficultés conduisent certains médecins à ne jamais tenter cette manœuvre, la sécurité actuelle d’un accouchement par le siège ou d’une césarienne autorisant à laisser le bébé présenter les fesses en premier.

Si votre bébé reste en présentation du siège au cours du neuvième mois, on pratiquera une mesure radiologique de votre bassin, la radiopelvimétrie, pour comparer les dimensions de votre bassin et de votre bébé, dont le diamètre bipariétal est connu grâce à la dernière échographie. Alors l’accoucheur décidera s’il peut vous proposer la naissance par voie naturelle ou s’il doit envisager d’emblée la césarienne. Votre bonne information sur la situation et vos possibilités de coopération seront alors essentielles.

La césarienne peut s’imposer pour trois raisons

- la présentation par le siège n’est pas la plus favorable pour franchir le bassin maternel.

- la raison de la présentation par le siège est elle-même source de difficultés pour l’accouchement: implantation anormale du placenta, enfant prématuré, jumeaux, etc.

- le col se dilate mal en cours de travail.

Les conditions qui facilitent l’accouchement par voie basse

- vous avez un bassin suffisamment large.

- le fœtus a la tête bien fléchie, le menton collé contre la poitrine.

- il est petit (moins de 3,5kg).

- il se présente en siège décomplété, c’est-à-dire les jambes relevées contre son corps, les pieds devant son visage. Cette position concerne deux tiers des cas.

L’échographie et la radiographie du bassin auront permis de faire le point sur ces conditions avant la naissance. Tout le problème est en effet le passage de la tête en dernier, une tête qui n’aura pas été modelée en obus par le travail, et qui risque de mal se présenter au mauvais moment.

Ne vous étonnez donc pas si une décision de césarienne est prise rapidement. La salle de naissance doit toujours être à proximité d’une salle d’opération. il suffira de quelques minutes pour que vous soyez installée au bloc opératoire.

L’accouchement par le siège impose une surveillance particulièrement attentive

- le monitoring fœtal permet la surveillance du rythme cardiaque.

- la présence de l’anesthésiste est souhaitable car l’analgésie péridurale facilitera souvent le travail, et l’anesthésie générale peut se décider lors de l’expulsion pour que le médecin puisse intervenir rapidement.

- les forceps peuvent être nécessaires pour aider la tête à sortir sans tirer sur le corps et le cou.

- l’épisiotomie est généralement faite pour faciliter l’expulsion du bébé.

Voilà pourquoi l’accouchement par le siège est toujours plus impressionnant que l’accouchement par la tête.

N’oubliez pas de signaler au pédiatre que votre enfant est né par le siège : la position des jambes, en particulier en siège décomplété, impose une surveillance de ses hanches.

Les accouchements difficiles

L’accouchement présente de moins en moins de diffcultés imprévues, grâce à votre bonne information qui fait de vous une partenaire efficace du médecin, grâce à la surveillance de la grossesse et aux précisions apportées par l’échographie et la radiopelvimétrie.

Cependant, tout n’est pas prévisible: par exemple, le bébé est déjà engagé lorsque vous arrivez à la maternité et se présente la tête défléchie, ou en siège complet, ou par l’épaule. Dans ces cas, l’accoucheur a besoin d’orienter la tête dans la position favorable à sa sortie, en s’aidant de forceps ou d’une ventouse.

Les forceps

Ils sont beaucoup moins traumatisants qu’autrefois. Vous ne devez plus être terrorisée par cet instrument, qui a sauvé des dizaines de milliers de bébés. mais, à l’époque où l’on ne pouvait pas faire de césarienne, le médecin allait chercher un bébé encore peu engagé et la pression des « cuillères » pouvait être traumatisante.

Aujourd’hui, l’obstétricien n’utilise le forceps que lorsque le bébé est déjà descendu dans la partie basse du bassin, il pose les cuillères sur ses pommettes et guide doucement sa tête.

La ventouse

Appelée aussi vacuum extractor, c’est une sorte de soucoupe que l’on fait adhérer au crâne du bébé grâce à un appareil à vide. L’accoucheur oriente ainsi la tête en tirant légèrement à l’aide d’une poignée. la ventouse peut provoquer une bosse qui se résorbe assez vite.

Encore une fois, ne vous inquiétez pas : ces instruments, grâce aux progrès de l’obstétrique, ne sont plus employés pour aller chercher un bébé qui ne peut pas sortir. Il ne sont plus utilisés qu’en appoint pour faciliter l’expulsion.

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