Santé : Les maux du premier trimestre

grossesse et désagréments
Chaque femme réagit à sa façon à l’action des hormones de la grossesse. Certaines femmes sont sujettes à de petits troubles gênants, mais la plupart se portent comme un charme.

L’important est que vous puissiez identifier les malaises courants et bénins, et que vous connaissiez les moyens de les soulager, sachant que ces malaises vont s’estomper avec le temps. Essayez de vous soigner le mieux possible, vous garderez un meilleur souvenir de ce moment unique dans votre vie : l’attente de ce bébé.

Vos malaises ont d’abord pour origine les problèmes de circulation sanguine et le changement du rythme cardiaque.

En cas d’efforts, vos muscles, mis à contribution, ont besoin d’être irrigués. Or la femme enceinte doit fournir une grande quantité de sang à la muqueuse utérine, au fœtus et au placenta. En 9 mois de développement du bébé, votre cœur devra pulser 4,5 litres par minute au lieu de 3 litres. Il en résulte :
- une sensation d’essoufflement, due à l’accélération des battements de votre cœur ; elle vous indique que vos efforts physiques doivent être progressifs et limités ;
- des accès de pâleur, des évanouissements : vous avez parfois simplement la tête qui tourne, plus rarement des sueurs froides ou la sensation que vous allez perdre connaissance. Ces malaises sont aggravés par :
- la baisse de tension artérielle, favorisée par les longues stations debout dans des pièces surchauffées ; allongez-vous dès que vous sentez votre tête vaciller, dans un endroit frais et les jambes légèrement surélevées ;
- la baisse du taux de sucre dans votre sang ; c’est pourquoi vous devez prendre un bon petit déjeuner et consommer des sucres lents ; si vous êtes prédisposée à ces malaises, ayez toujours sur vous quelques morceaux de sucre.
Heureusement, ces malaises sont le plus souvent bénins et ne vont pas jusqu’à vous faire perdre totalement connaissance.

Vos malaises sont aussi provoqués par la progestérone.

Cette hormone semble agir sur le système nerveux sympathique qui n’est pas commandé par la volonté.

La fatigue et l’envie impérieuse de dormir :
elles ne sont pas un signe de mauvaise santé, mais elles indiquent au contraire que la sécrétion hormonale se fait bien, en particulier celle de la progestérone, qui vous calme.
Que faire ? Laissez-vous aller le plus possible à cette envie de dormir : le repos vous est nécessaire, ainsi qu’à votre bébé. Il est important que votre compagnon sache pourquoi vous avez temporairement besoin de vous coucher tôt et de dormir suffisamment. Cette sensation de fatigue devrait s’estomper vers le quatrième mois.

La nervosité :
le caractère se modifie souvent pendant la grossesse ; vous pouvez devenir anxieuse et irritable, ou triste et renfermée. Cet état est bien compréhensible car beaucoup de changements vous attendent : le mystère que représente votre bébé mais aussi l’inconnu de votre vie à venir. La tendresse rassurante de votre compagnon sera bien plus efficace que tous les médicaments, qui sont à déconseiller.

Les nausées et les vomissements :
ils importunent près d’une femme enceinte sur deux pendant les trois premiers mois. Ils surviennent surtout le matin, à jeun, sans raison le plus souvent, mais ils sont parfois déclenchés par des odeurs— le tabac, par exemple, ou un aliment — différentes selon les femmes.
Que faire ? Certainement des repas moins abondants et plus fréquents. Prenez votre petit déjeuner au lit et restez allongée pendant un quart d’heure avant de vous lever. Mangez un aliment protéiné (œuf, laitage, fromage), en évitant les aliments difficiles à digérer, comme l’eau gazeuse et le café au lait.

Les nausées et les vomissements disparaissent presque toujours au début du quatrième mois.

Il existe des médicaments efficaces contre les vomissements, qui sont de plus sans danger pour l’embryon. Votre gynécologue vous en prescrira en comprimés, en sirop, en suppositoires ou même en injections. Surtout ne vous en privez pas, les vomissements répétés modifient l’acidité de votre sang et ne sont pas bons non plus pour votre bébé.

Ne prenez pas n’importe quel médicament, tenez-vous-en à ceux que vous a prescrits votre médecin.

Il arrive, dans des cas extrêmes, que le médecin propose de séparer la femme de son milieu familial lorsque ses vomissements deviennent incoercibles au point de mettre sa grossesse en danger. L’hospitalisation est parfois nécessaire, dans les cas graves où les vomissements peuvent avoir un retentissement sur la grossesse.

Comme la médecine ignore pourquoi certaines femmes sont plus sujettes que d’autres aux vomissements, on invoque des facteurs psychosomatiques, mais il faut se garder de dire qu’est psychologique tout ce qu’on ne comprend pas. J’ai connu des femmes très heureuses en famille, très contentes d’attendre un enfant ardemment désiré, qui vomissaient à chaque grossesse. Il existe donc une tendance aux vomissements, différente selon les femmes, certainement liée à la sensibilité de leur système neurovégétatif.

La digestion difficile, les régurgitations acides :
elles font partie des petites gênes de la grossesse. Vous pouvez avoir la sensation d’être ballonnée après les repas ou ressentir des brûlures de l’œsophage accompagnées de remontées acides (pyrosis), surtout lorsque vous vous penchez en avant.
En ce cas, prenez des aliments de consistance assez épaisse et sachez que, là aussi, des médicaments peuvent vous être prescrits par votre gynécologue si ce pyrosis se manifeste fréquemment.

L’hyper salivation :
accompagnant parfois les vomissements, elle peut être vraiment gênante et peut persister jusqu’au sixième ou au septième mois. On n’en connaît pas la cause.

La constipation :
très fréquente, vraisemblablement due au ralentissement des mouvements de l’intestin, elle doit être combattue car elle augmente le risque d’infection urinaire.
Que faire ? Pratiquez des exercices physiques, veillez à enrichir votre alimentation en légumes verts et en fruits (prunes, poires, raisins), préférez le pain au son, les aliments riches en fibres ; buvez beaucoup d’eau en dehors des repas, le matin à jeun, mais évitez l’eau gazeuse.
Parmi les médicaments contre la constipation, vous pouvez parfaitement utiliser ceux qui ne modifient pas votre métabolisme (l’huile de paraffine en gelée, agréable au goût, les suppositoires à la glycérine et les mucilages), mais vous devez éviter les laxatifs agressifs. Sans en faire une obsession, prenez systématiquement le temps de vider votre intestin, en vous installant détendue sur les toilettes, chaque jour à la même heure.

La diarrhée :
beaucoup plus épisodique, elle doit être traitée rapidement. Mangez du riz blanc, de la purée de carottes ou de la gelée de coings, évitez les agrumes et surtout, buvez beaucoup (de l’eau ou du bouillon de légumes).

Les hémorroïdes :
si ces varices du rectum et de l’anus, formant des excroissances veineuses plus ou moins tendues. se signalent déjà au cours de ce premier trimestre, demandez un traitement à votre médecin une alimentation non irritante, la lutte contre la constipation, mais aussi des soins locaux, l’application de pommades, pourront éviter qu’elles ne deviennent franchement douloureuses en fin de grossesse.

L’envie fréquente d’uriner :
elle ponctue presque toujours vos journées et vous réveille parfois la nuit : due en particulier à la pression de l’utérus sur votre vessie, elle va persister jusqu’à ce que l’utérus remonte dans la cavité abdominale vers le troisième mois, et réapparaîtra au cours des dernières semaines de grossesse, quand le bébé s’engagera dans votre bassin et appuiera sur votre vessie.
Que faire ? Continuez surtout de boire abondamment (au moins 1 litre par jour). Si cette envie fréquente d’uriner s’accompagne d’une difficulté à retenir vos urines (incontinence), un kinésithérapeute peut vous aider par des exercices de raffermissement du périnée et du sphincter urinaire.
Si vous avez des brûlures en urinant ou des poussées de fièvre, consultez tout de suite votre médecin : il peut s’agir d’une infection urinaire, qui doit être traitée rapidement, car les microbes pourraient atteindre l’embryon.

Les pertes vaginales ou pertes blanches :
le plus souvent normales, elles doivent être signalées à votre médecin si elles provoquent des démangeaisons, si elles sont nettement plus abondantes que d’habitude, changent de couleur et d’odeur, car elles peuvent alors être le signe d’une infection qui pourrait également se propager à l’embryon.

Les démangeaisons :
en général dues à une urticaire, vous arriverez à les supporter sans trop vous gratter. Mais ces démangeaisons atteignent parfois des proportions pénibles : c’est ce qu’on appelle le prurit gestationis, qui est surtout désagréable au troisième trimestre (voir " Les maux de la femme enceinte au troisième trimestre de grossesse ").

Vos problèmes oculaires.
Ils peuvent s’aggraver pendant la grossesse car la production d’hormones modifie :
— le rayon de courbure de la cornée, et votre éventuelle myopie peut alors s’accentuer ; votre ophtalmologiste doit examiner vos yeux une fois par trimestre ;
— la quantité des larmes, qui peut être diminuée et entraîner une gêne si vous portez des lentilles de contact ; utilisez alors des larmes artificielles et réduisez la durée du port des lentilles au strict nécessaire.

Les seins tendus et douloureux :
cette sensation est la conséquence de leur préparation hormonale. Évitez les excitants comme le café, qui augmente la stimulation des seins par les hormones.

Vos ennuis dentaires :
l’adage « Un enfant en plus, une dent en moins » n’est plus de mise ; vous trouverez des conseils pour garder de bonnes dents (voir " Les maux du deuxième trimestre " ).

Vos maux de tête :
parfois fréquents chez la femme en dehors de la grossesse, ils peuvent devenir d’autant plus pénibles que vous ne devez utiliser l’aspirine et le paracétamol qu’à petites doses (voir " Les médicaments qui peuvent être prescrits pendant la grossesse " ). Il semble que les changements hormonaux sensibilisent la femme enceinte aux maux de tête, comme le stress et la fatigue.

Si vos maux de tête sont quotidiens, accompagnés d’œdème, de vomissements, de troubles de la vision, ils peuvent être le signe d’une hypertension. Consultez rapidement votre médecin.

Des mesures d’hygiène de vie peuvent vous soulager :
- ne restez pas avec une sensation de faim, mangez régulièrement pour éviter la baisse du taux de sucre dans le sang ;
- évitez les sorties fatigantes ;
- évitez les endroits chauds et enfumés ;
- lorsque vous sentez venir un mal de tête, demandez à votre entourage de vous laisser au calme et de vous épargner les conversations qui ne sont pas indispensables, pendant une demi-journée ;
- dormez longuement ;
- allongez-vous avec un magazine ou un livre qui vous détendent, regardez une émission de télévision ou écoutez la radio, de la musique douce ;
- respirez calmement et relaxez-vous (le yoga est une bonne école de relaxation).

Désormais, vous ferez la part entre les malaises habituels et ceux qui doivent être signalés et traités lors de la visite médicale, par exemple des vomissements trop abondants ou des brûlures en urinant. C’est important pour votre bien-être et celui de votre bébé.

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