C’est souvent un mauvais cap à passer pour votre bébé. Les joues en feu, grognon, il a visiblement mal. Heureusement, les solutions pour soulager bébé des poussées dentaires ne manquent pas.

Un bébé qui n’arrête pas de mâchouiller son hochet, quand il ne se précipite pas sur son poing pour le mordiller frénétiquement… Des joues rouges comme des pommes d’api et des pleurs de plus en plus fréquents… Pas de doute, cet enfant « fait ses dents ». En règle générale, ce sont les incisives du bas qui sortent les premières. Souvent vers le sixième mois, parfois plus tôt; dès 3-4 mois, ou carrément plus tard. Certains petits, à 12 voire 18 mois n’ont aucune dent. Mais la plupart du temps, ce retard n’a pas d’incidence sur la denture de lait.

Une série de désagréments

Pas d’inquiétude non plus si le calendrier théorique des percées dentaires n’est pas respecté : après les incisives, les premières molaires apparaissent entre 12 et 18 mois, les canines jusqu’à 24 mois et pour finir les secondes molaires jusqu’à 30 mois. En tout vingt dents de lait. Ces quenottes pointent le plus souvent dans un ordre précis, une à une, mais elles peuvent également sortir en tir groupé ou dans le désordre.

Peu importe, sauf qu’à chaque fois ou presque, ces dents qui travaillent sous la gencive avant de percer déclenchent une série de désagréments chez le petit : des gencives rouges, gonflées et douloureuses, une augmentation de l’activité salivaire, un « feu de dents », les fameuses joues écarlates, voire dans certains cas des troubles associés, type érythème fessier, des selles molles et une légère fièvre.

Des symptômes variables

L’intensité de ces symptômes est variable d’un enfant à l’autre, mais s’accompagne le plus souvent d’un véritable inconfort. D’abord la douleur l’empêche de bien dormir, et l’hypersalivation gêne la déglutition et peut l’encombrer la nuit, d’où l’apparition d’une toux chez certains bébés. Cette salivation excessive peut aussi entraîner une irritation du menton et des joues. De plus, taraudé par tous ces petits maux, l’enfant, souvent grognon, n’a pas non plus beaucoup d’appétit. Pour autant, pas question de mettre tous les rhumes, rhinos et otites sur le compte de cette irruption dentaire.

Certes, les circonstances sont propices : un peu affaibli par cette mobilisation inflammatoire bénigne, l’enfant est sans doute plus sensible aux microbes qui traînent. De plus, comme il a tendance à cet âge à tout porter à la bouche, il multiplie les risques de contracter un trouble infectieux. Mais jusqu’ici, aucune étude sérieuse n’a montré un lien direct entre poussées dentaires et affections ORL.

Massages, homéopathie et paracétamol

Pour aider l’enfant à passer ce cap difficile, le premier des remèdes, c’est de lui faire confiance en le laissant mettre à la bouche tout ce qu’il peut mordiller : hochet, cuillère, morceau de pain, l’oreille de son doudou… En pratiquant ces sortes d’auto-massages, il trouve tout naturellement un moyen de s’apaiser. Ce mâchouillement répété permet de décongestionner le tissu gingival et d’apaiser inflammation et douleur.

Mais rien ne vous empêche de lui prêter main-forte en lui proposant un anneau de dentition. Certains modèles peuvent même être refroidis au frigo (surtout pas au congélateur), pour le faire bénéficier de l’effet légèrement anesthésiant du froid. En revanche, laissez tomber le bâton de racine de guimauve. S’il est censé soulager la douleur, certains pédiatres soulignent qu’il contient surtout de l’amidon et du sucre, qui feront plus tard le lit des caries.

Cependant, vous pouvez aider simplement votre tout-petit en lui massant avec douceur les gencives, plusieurs fois par jour, avec votre doigt enduit d’un gel ou d’un baume adapté. Veillez à le choisir sans sucre ou rincez ensuite sa bouche avec un peu d’eau. Et pourquoi ne pas se laisser tenter aussi par l’homéopathie : une ampoule de Camilia (un mélange de trois remèdes homéopathiques) trois fois par jour, jusqu’à amélioration des symptômes. Et si l’inflammation est au premier plan (joues, fesses et gencives très rouges), vous pouvez y ajouter Belladona en 9 CH, à raison de trois granules trois à six fois par jour, selon l’intensité des symptômes.

On peut mettre directement les granules dans sa bouche, sous la lèvre supérieure, comme le recommandent les pédiatres et homéopathes. Ou encore faire fondre trois granules dans une cuillerée à café d’eau. Mais soyez patiente, car ils fondent très lentement. Si ces massages et potions homéopathiques ne suffisent pas à soulager la douleur de votre enfant, n’hésitez pas à lui donner pendant 24 ou 48 heures un antalgique, type paracétamol, en sachet, sirop ou suppositoire, sans jamais dépasser 60 mg par kilogramme et par jour.

Pour soulager l’enfant au mieux, il ne faut pas oublier de traiter les autres manifestations liées aux poussées dentaires. Comme l’érythème fessier. Ses selles plus molles et plus acides qu’à l’accoutumée, un phénomène peut-être induit par l’hypersalivation, sont très irritantes. N’attendez pas pour lui changer ses couches. Pour protéger ses fesses, on peut aussi appliquer une pâte à l’eau. Et si elles sont vraiment à vif, on utilise de l’éosine, un antiseptique local, mais surtout pas d’antimycosique.

Se méfier des « remèdes » naturels pour les poussées dentaires

Pour le reste, il faut rester vigilant. Si votre enfant présente une fièvre de plus de 38,5 °C qui ne cède pas dans les 24 à 48 heures et qui s’accompagne d’une diarrhée persistant au-delà de deux jours, il faut consulter un médecin car ces symptômes peuvent témoigner d’un autre trouble.

Avec cet arsenal de petits moyens, tout devrait vite rentrer dans l’ordre. Inutile donc de recourir à certaines pratiques qui font souvent plus de mal que de bien. Comme râper la gencive gonflée de l’enfant avec un morceau de sucre ou le dos d’une cuillère, dans l’espoir de faire surgir la dent plus vite. C’est douloureux et incertain. Quant au collier d’ambre jaune, une résine végétale censée réguler la circulation des énergies dans l’organisme et donc calmer la douleur du bébé, il est également à proscrire. De l’avis des pédiatres, qui réfutent ces vertus thérapeutiques, ce collier n’est pas non plus sans risque. Il n’est pas rare qu’il se casse et votre bébé risque alors de s’étouffer en ingérant les débris.

Prudence donc avec les remèdes « naturels » et autres recettes miracles glanés notamment sur Internet! Les désagréments des poussées dentaires sont en général soulagés par les moyens classiques. Et puis, dites-vous que ce n’est que passager. Dès que la dent apparaît, tous les petits symptômes désagréables s’évanouissent spontanément.