Allez-vous demander à votre compagnon de rester avec vous pendant l’accouchement ? Ou bien lui, le demande-t-il expressément ? A l’inverse, le refuse-t-il ? Restez-vous dans l’expectative ? Il en va de la sensibilité de chacun mais aussi d’une bonne information. La présence du père à l’accouchement ne doit pas être une obligation.

La présence et la participation du futur père sont tout à fait souhaitables pendant les premières heures, pour:

  • vous conduire à la maternité, alors que les contractions commencent et que vous êtes un peu inquiètes;
  • s’occuper des formalités administratives;
  • vous aider à vous installer dans votre chambre;
  • vous soutenir, moralement et physiquement, pendant la première phase de l’accouchement;
  • et vous tenir compagnie, vous aider et vous rassurer pendant la deuxième phase.

La présence du père, à proximité, reste ensuite bénéfique, pour:

  • suivre grâce au personnel médical le déroulement de l’accouchement et, éventuellement, comprendre la décision d’une césarienne;
  • vivre avec vous ce moment si merveilleux, la découverte de votre enfant;
  • partagez ce plaisir avec la famille en la prévenant.

Ces émotions intenses renforceront votre complicité autour du bébé.
En revanche, au moment de la poussée et de l’expulsion, le père doit pouvoir choisir de rester; et vous de lui demander de partir. Il ne faut pas vous laisser influencer par la pression d’une mode. Certaines femmes préfèrent être seules, par désir de vivre fortement ce moment, mais plus souvent par pudeur, par peur que leur compagnon ne ressente un malaise ou que leurs relations sexuelles futures en soient perturbées.

Le père doit pouvoir choisir d’être présent ou non en salle de naissance.

S’il préfère être présent, il peut s’asseoir à la tête du lit, tenant la main de sa compagne, lui parler et l’aider. C’est une attitude souvent réservée car, il faut bien le dire, la position de la femme, la distension du périnée, le travail du médecin, le sentiment de passivité peuvent perturber la sensibilité d’un homme. Je pense qu’il faut absolument respecter cette attitude pudique. On ne sait pas encore vraiment l’effet de la naissance sur l’imaginaire masculin. Il dépend certainement du propre passé de l’homme et risque d’influencer plus ou moins consciemment ses rapports futurs avec sa compagne.

Le meilleur des compagnons et des futurs pères peut aussi demander à rester dans l’antichambre au moment où les contractions deviennent puissantes; et préférer venir à la fin de l’expulsion. Le désir de ne pas être là pendant cette phase, la plus violente est tout à fait respectable; la passivité relative à laquelle votre compagnon est contraint en salle d’accouchement, tandis que vous poussez pour mettre au monde son enfant, peut être insupportable pour certains hommes.

De tout façon, sans vouloir militer pour la péridurale, on constate combien le soulagement de vos douleurs rend en général la fin de l’accouchement bien plus supportable à votre compagnon.

La présence du père sera d’autant plus naturelle que vous d’abord, et l’équipe soignante ensuite, lui aurez fait sa place. Un homme qui aura déjà essayé de comprendre vos problèmes pendant la grossesse, qui aura aussi partagé avec vous la lecture de livres ou d’articles sur la grossesse, qui aura assisté aux cours de préparation à l’accouchement, sera plus à l’aise en salle de naissance. Il doit savoir à quel point son soutien pendant les douleurs, sa tendresse pour vous aider à vous détendre entre les contractions, ses gestes rassurants vous donneront confiance et énergie en ce moment extraordinaire.

La convivialité et la gentillesse du personnel jouent aussi un grand rôle. Donner une chaise à votre compagnon; lui expliquer le déroulement des événements est primordial pour qu’il ne se sente pas de trop. Mais il est vrai que la sage-femme, l’accoucheur et l’anesthésiste sont parfois trop concentrés sur le monitoring, la descente du bébé et la tension de votre périnée pour pouvoir s’occuper du futur père.

On ne doit pas oublier, enfin, de préparer le père à recevoir son enfant. Il doit porter une blouse stérile, avec les manches retroussées jusqu’aux coudes; ses mains et ses bras doivent être parfaitement propres, pour pouvoir prendre son bébé contre lui dès qu’il le désire.

Nous avons une pensée particulière pour les femmes non accompagnées par le père de leur enfant ce jour-là. Si simplement un voyage le retient; nous leur souhaitons d’avoir à leur côté leur mère, un parent proche ou une amie très intime. Mais si vous êtes seule parce que vous ne vivez pas avec le père de votre bébé; c’est souvent un moment difficile. Cependant, pour avoir souvent vu de nombreuses femmes dans cette situation, il faut souligner notre admiration devant leur courage lorsque l’enfant paraît. Même s’il est vrai qu’élever seule un enfant c’est une aventure complexe et difficile, les femmes qui y sont confrontées se montrent étonnamment mûres et responsables.